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Cinéma - Regard dérangeant sur les réfugiés oubliés de «l'Abattoir»

Majid Majidi est un cinéaste optimiste dont les longs métrages, bien que témoignant de réalités difficiles (Les Enfants du ciel, Baran, etc.), prennent la forme de contes optimistes et bon-enfant qui inspirent l'espoir. Les Oubliés de Hérat, moyen métrage documentaire de Majidi présenté du 16 au 29 janvier au cinéma Parallèle d'Ex-Centris (jumelé à son court métrage Olympics At Camp), emprunte un chemin radicalement différent. Et c'est là tout le problème.

De fait, le documentaire tourné entre 2001 et 2002 dans le camp de réfugiés de Maslakh, en Afghanistan, entend ouvrir une fenêtre sur une réalité humanitaire trouble, celle des laissés-pour-compte de la guerre menée là-bas par les Américains au lendemain du 11 septembre 2001, et dénoncer par la même occasion l'inertie odieuse des autorités internationales.

En effet, rappelons-le, quelque 150 000 réfugiés afghans s'entassent dans ce camp qu'on a baptisé «l'Abattoir» en raison de conditions de vie inimaginables. Des milliers d'orphelins abandonnés, de veuves, de mutilés et de vieillards y meurent de malnutrition chaque jour. Venu du pays voisin, Majidi, chaussé de gros sabots, braque sa caméra sur ces gens avec lesquels il n'a pas pris le temps d'établir de contact ou de former une complicité.

Les questions qu'il formule sont au mieux banales, au pire idiotes, et le peu d'attention qu'il porte aux réponses de ses intervenants frôle le mépris. Avec Les Oubliés de Hérat, Majid Majidi voulait faire un film qui dérange. Il a réussi.