La démolition démystifiée


«La démolition familiale» présente Christopher, qui prépare sa première compétition avec ses proches.
Photo: EyeSteelFilm «La démolition familiale» présente Christopher, qui prépare sa première compétition avec ses proches.

Véritable phénomène dans la région de Bellechasse, les derbys de démolition de voitures font l’objet d’un premier film. Le documentaire La démolition familiale sera présenté pour la première fois ce samedi au Festival de cinéma de la ville de Québec (FCVQ).

Comme le résume son réalisateur, Patrick Damien, « les bons documentaires nous font découvrir des univers qu’on ne connaît pas ». Voici donc un avis aux néophytes : les derbys de démolition sont ces fameuses compétitions où des conducteurs de vieux bazous se foncent dedans dans une arène jusqu’à ce que les véhicules soient inutilisables.

Natif d’Armagh, le réalisateur a grandi au coeur du pays de la démolition même si lui n’a jamais « coursé », comme on dit là-bas. « Voir ça, pour un enfant, c’était très spectaculaire, raconte-t-il. Il y a quelque chose de très cinématographique là-dedans. »

Avec des images tournées à l’intérieur des voitures pendant les compétitions, le documentaire nous donne en plus un accès inédit à l’intensité de la chose. Patrick Damien souligne toutefois qu’il a voulu aller au-delà du spectaculaire et démystifier ce sport, certes particulier, mais perçu à tort comme barbare.

En 2013, Le Devoir a publié un long reportage sur le sujet (« Virée au pays de la démolition », 12 août 2013). Même si le texte n’empruntait pas cette direction, un lecteur avait commenté l’article en comparant les amateurs du genre à « des singes avec des clés de voiture ».

Choqué par ces propos, le réalisateur concède aux gens le droit de ne pas aimer le sport, mais il estime qu’on ne doit pas mépriser ceux que ça intéresse pour autant. « Je ne suis pas un ambassadeur de la démolition. Mon but n’est pas de défendre le sport », dit-il avant de souligner qu’il souhaite faire ressortir « l’humanité derrière ça ».

Un film sur le deuil

À travers son documentaire, il nous fait découvrir les gens derrière et dessous la tôle, les patenteux du dimanche qui passent des semaines dans leur garage à constituer la mécanique parfaite et surtout les liens qui se tissent au travers des préparatifs.

« C’est très important, la préparation de l’auto dans ton garage, avec tes chums qui viennent t’aider, prendre une bière. C’est sûr qu’il y a un aspect social très fort. » L’histoire tourne particulièrement autour d’un jeune, Christopher, qui prépare sa première compétition avec ses proches, et de sa cousine, qui trouve dans l’aventure une manière de se rapprocher de son père.

Déjà touchante, leur histoire familiale a pris une tournure tragique avec le décès d’un des protagonistes un an après la fin du tournage. Pour Patrick Damien et toute la famille, le film s’est donc révélé être une expérience doublement intense. « Si j’avais mis le contenu du documentaire dans un film de fiction, la plupart des lecteurs de scénario m’auraient dit que ce n’est pas réaliste », note le réalisateur.