Cinéma québécois - Une vague de films de genre

Le cinéma québécois, qui a brillé de tous ses feux en 2003 en parvenant même à exporter ses meilleurs coups, continuera-t-il sur sa belle lancée? La question est dans l'air. Bien des longs métrages d'ici prendront l'affiche, encore qu'à vue de nez, on semble retrouver dans leurs rangs peu de grands films d'auteur, mais beaucoup d'oeuvres de genre: comédies, polars, productions jeune public, films d'époque, etc. La saison s'annonce variée, mais plutôt en quête de succès commercial. Enfin! Qui vivra verra.

Je n'aime que toi de Claude Fournier a été tourné en anglais sous le titre de My Only Love, d'après un roman de Maude Guérin, mais sort dans les deux langues. Place aux affres créatrices d'un écrivain devant sa page blanche (Michel Forget) qui rencontre une muse soi-disant prostituée (Noémie Godin-Vigneau). (23 janvier.)

Jack Paradise de Gilles Noël est un des gros morceaux de la rentrée québécoise. Avec dans le rôle-titre Roy Dupuis, on y suit l'histoire d'un pianiste de jazz qui hante le quartier chaud de Montréal entre 1929 et 1970. Entre les clubs aux mains du milieu interlope, ses amours avec une belle chanteuse noire, les bordels du Red Light, toute une époque renaît. Dawn Tyler Watson, Geneviève Rioux et Dorothy Berryman font partie de la distribution. (20 février.)

Le Papillon bleu de Léa Pool était attendu depuis longtemps. Ce film destiné à un public familial met en vedette le grand acteur américain William Hurt dans la peau d'un entomologiste. Pascale Bussières y incarne la maman d'un jeune garçon malade (Marc Donato) qui part avec son héros en quête du papillon morpho bleu dans les jungles du Costa Rica. (20 février.)

Dans l'oeil du chat de Rudy Barichello fera l'ouverture des Rendez-vous du cinéma québécois le 12 février prochain avant de prendre l'affiche en salle le lendemain. Ce polar psychologique met en scène Jean-Nicolas Verreault, Isabel Richer, Julie Le Breton et Pierre Dubeau. Le film s'arrime au mystère d'une disparition, celle de Pauline, que son fiancé recherche désespérément avant de découvrir de sombres secrets.

Le Dernier Tunnel d'Érik Canuel (le réalisateur de La Loi du cochon et de Nez rouge) explore la veine policière. Inspiré librement du livre de Marcel Talon Et que ça saute!, lui-même relatant un fait réel, le film raconte une tentative audacieuse de vol de banque par un tunnel creusé sous la chambre forte. Michel Côté y interprète le voleur principal aux côtés de Jean Lapointe, Christopher Heyerdahl, Nicolas Canuel et Sébastien Huberdeau; Marie-France Turcotte et Céline Bonnier sont aussi de la fête.

(12 mars.)

Jean-Claude Labrecque, qui a connu un succès boeuf avec À hauteur d'homme, lance son dernier film, aux frontières de la fiction et du documentaire, Le Grand Dérangement de Saint-Paulin Dalibaire. Dans un village gaspésien appelé à être rayé de la carte, le cinéaste avait débarqué en 1971 avec des comédiens, dont Daniel et Donald Pilon, ainsi que Marcel Sabourin. Son film Les Smattes montrait à l'époque la résistance des gens à l'exode. Trente-trois ans plus tard, Labrecque a retrouvé les anciens de Saint-Paulin et les images de deux époques se fondent ici. (12 mars.)

Adapté de la série télévisée, Dans une galaxie près de chez vous est réalisé par Claude Desrosiers et entraîne le spectateur à bord d'un vaisseau spatial où sept zozos cherchent une planète d'accueil pour les Terriens. Avec Guy Jodoin, Sylvie Moreau, Stéphane Crête, Claude Legault, Mélanie Maynard, Didier Lucien et Réal Bossé. (2 avril.)

Claude Gagnon a réalisé au Japon et en japonais le film Revival Blues (présenté sous-titré). Place à l'histoire de deux musiciens qui se retrouvent à Okinawa

et remontent le fil de leur vie.

(Mi-avril.)

Pierre Houle porte à l'écran le livre de Georges-Hébert Germain Monica la Mitraille relatant les exploits de Monique Sparvieri (Céline Bonnier), la célèbre braqueuse de banques qui sévissait dans le quartier Centre-Sud de Montréal au cours des années 60. Ses amants, son père, son mari sont au poste. Aux côtés de Céline Bonnier: Roy Dupuis, Patrick Huard, Mario Jean, Marc Labrèche. (Sortie 30 avril.)

La Peau blanche, premier long métrage de Dani Roby, flirte avec le fantastique et le film de vampires. Il raconte l'histoire d'un jeune Gaspésien (Marc Paquet) venu étudier à Montréal, qui rencontre une violoniste (Marianne Farley) dont il s'éprend. Julie Lebreton, Raymond Cloutier et Marcel Sabourin sont de la distribution.

Après le succès du volet précédent auprès du jeune public québécois, Richard Ciupka renoue avec l'univers de la romancière Dominique Demers et porte à l'écran l'Incomparable Mademoiselle C. (28 mai) suivant les aventures de l'excentrique mademoiselle Charlotte dans l'univers enfantin.

Quand sortira Nouvelle-France, que Jean Beaudin a réalisé en adaptant librement l'histoire de la Corriveau? Les paris sont ouverts. Peut-être en mai, à l'été, ou même à l'automne. Quoi qu'il en soit, cette coproduction Canada-France-Angleterre, abordant à Québec au XVIIIe siècle les amours d'une jeune paysanne (Noémie Godin-Vigneau) et d'un aventurier (David Lahaye) sous le regard pas toujours catholique du curé (Gérard Depardieu), est d'une ambition et d'un coût inégalés chez nous.

Eh oui, pour le meilleur ou pour le pire, Elvis Gratton frappe encore. L'été prochain, Pierre Falardeau récidive avec La Vengeance d'Elvis Wong, troisième volet des aventures de notre épais national. Toujours avec Julien Poulin dans la peau du croustillant héros, on y suit son abandon du show-business au profit d'un empire médiatique dont il devient le roi. Yves Trudel, Jacques Allard, Pierre Falardeau, Annie Dufresne et Dania Deville donnent la réplique à Poulin. (À l'affiche un peu partout le 23 juin.)

Le trio Guy A. Lepage, Sylvain Roy et André Ducharme se retrouve à la barre de Camping sauvage, dans lequel Guy A. Lepage donne la réplique à Sylvie Moreau. Place à l'histoire d'un délit de fuite, de motards en chasse et de paisible camping servant de refuge à un fugitif qui y verra sa vie basculer. (9 juillet.)

Versant documentaire

Plusieurs films prennent l'affiche de ce côté du grand écran. Dans la collection «Mission Arctique», le cinéma de l'ONF présente en programme double Les Seigneurs de l'Arctique de Caroline Underwood et Menaces sur le monde d'Alain Belhumeur interrogeant le réchauffement planétaire. (24 janvier.) Également en programme double dans la même collection, sur les Inuits, Un peuple inquiet d'Elisapie Isaac et La Dérive de Patricio Henriquez. (24 janvier.)

Carlos Ferrand lance deux de ses films: Le Peuple de la glace, toujours sur les Inuits, et Il parle avec les loups, sur le domaine que Michel Pageau consacre aux animaux sauvages en Abitibi. (24 janvier.)

Silences d'un génocide de Hagop Goudsouzian se penche sur le massacre des Arméniens (avril) et Zéro tolérance de Michka Saal sur le racisme dans les rangs de la police montréalaise. (Printemps.) Histoire de sable d'Hyacinthe Combary aborde les croyances des Attikameks (printemps) et Tibet de François Provost et Hugo Latulipe érige un pont entre le dalaï-lama en exil et les Tibétains. (Printemps.) La Cueca Sola de Marilu Mallet rend hommage aux femmes chiliennes résistantes sous la dictature de Pinochet (20 février) et Jean-Pierre Ronfard: sujet expérimental d'Annie St-Pierre porte un dernier regard sur le regretté metteur en scène et comédien (13 février).

À surveiller: le documentaire de Jeanne Crépeau remontant l'histoire de la Cinémathèque québécoise: La Beauté du geste. À la Cinémathèque, du 24 au 29 février. À suivre aussi: les 22es Rendez-vous du Cinéma québécois, du 12 au 22 février, ainsi que la cérémonie de remise des prix Jutra aux artisans du cinéma québécois le 22 février.