Un répit pour le FFM

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Photo: Pedro Ruiz Le Devoir «C’est business as usual», a commenté vendredi laconiquement Serge Losique, pour indiquer que tout était maintenu en l’état.

L’épée de Damoclès qui pesait sur le Festival des films du monde a été écartée, du moins pour l’instant. Cette 39e édition du rendez-vous de films montréalais devrait rouler sans grèves ni manifestations jusqu’à sa clôture, le 7 septembre.

Rappelons que des salariés du FFM avaient lancé cette semaine un ultimatum au président de l’organisme, Serge Losique. Soit ils étaient payés, soit ils prévoyaient un arrêt de travail, en date butoir du vendredi 4 septembre. Des chèques non versés ou carrément en bois, et plusieurs retards de versement avaient inquiété et courroucé de nombreuses personnes. Depuis 2014, les bailleurs de fonds des trois ordres de gouvernement ne financent plus la manifestation, jugée en manque de renouveau et de souffle.

«Business as usual»

« C’est business as usual », a commenté vendredi laconiquement Serge Losique, pour indiquer que les projections, les événements, les conférences de presse, tout était maintenu en l’état.

Dans les coulisses, on apprenait que les employés salariés seraient payés. Les contractuels sont rétribués sur une autre échelle. Le président du FFM, qui aurait réhypothéqué des biens, a avisé son personnel jeudi en début de soirée qu’il rédigerait les chèques le lendemain. Certains redoutaient qu’ils soient sans provision et menaçaient de débrayer samedi, mais ce n’est qu’après la clôture du festival que tout le monde en aura le coeur net. Les employés se réunissaient vendredi soir pour en discuter. Ceux qui doutaient de voir la couleur de leur rétribution pour les trois derniers jours du festival estiment que mieux vaut bosser jusqu’au bout. Ainsi ils seront protégés par la Commission des normes du travail, alors qu’ils auraient risqué autrement des poursuites pour rupture de contrat.

Des craintes subsistent donc sur les ressources d’un festival aussi mal en point. Des dons privés, les revenus de billetterie et des hypothèques prises sur le cinéma Impérial ou d’autres propriétés peuvent-ils toujours répondre aux besoins financiers de cette manifestation ? Le FFM reste toujours en selle dans la tourmente, avec un public fidèle dans ses salles, mais contesté par une grande partie du milieu et désavoué par les institutions.

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«Dans les coulisses du FFM, nous sommes projectionnistes, présentateurs, chauffeurs, délégués, coordonnateurs, techniciens et sommes ceux qui permettent à cet évènement d’exister. Cependant aujourd’hui, nous avons décidé de prendre la parole afin de mettre fin aux rumeurs. Suite à plusieurs promesses de paiement non tenues, dont la dernière le 4 septembre, nous exprimons notre inquiétude devant le flou financier et revendiquons la juste rétribution de notre travail.

Malgré notre mécontentement et l’impact important des salaires non payés sur notre quotidien, nous décidons de rester et de terminer le festival. Nous le faisons afin de soutenir les artisans du 7e art qui se sont déplacés jusqu’ici  (souvent à leurs propres frais) afin de partager leur film aux festivaliers.

En coulisse, nous sommes le FFM.»
–Lettre ouverte envoyée au Festival des films du mondes