Un si doux poison

Le documentaire «Sugar Coated» montre notamment des pubs vantant les mérites du sucre.
Photo: White Pine Picture Le documentaire «Sugar Coated» montre notamment des pubs vantant les mérites du sucre.

L’an dernier, la réalisatrice américaine Stephanie Soechtig (Tapped) sonnait l’alarme sur la santé des Américains à l’aide de son documentaire-choc où elle dénonçait les mensonges de l’industrie agroalimentaire à propos du sucre. Narré par la journaliste Katie Couric, ayant parmi ses nombreux intervenants Oprah Winfrey et Bill Clinton, Fed Up (Ras-le-bol) démontrait comment le sucre, omniprésent dans la nourriture transformée depuis 40 ans, était devenu la principale cause de l’obésité, du diabète de type 2 et des maladies cardiovasculaires chez les jeunes Américains. À la fin du film, on invitait les gens à prendre part à l’action afin de stopper ce fléau se répandant à travers le monde.

Eh bien, à sa manière, la cinéaste canadienne Michèle Hozer (Genius Within : The Inner Life of Glenn Gould) a répondu à l’appel en signant un documentaire aussi percutant. Ponctué d’extraits d’archives où les bonzes du lobby du sucre affirment sans sourciller que ce produit addictif n’est pas du tout nocif pour la santé, de pubs vantant les mérites de ce doux poison et de statistiques effrayantes sur les ravages qu’il entraîne, Sugar Coated coupe littéralement l’appétit. Mieux encore, il donne envie de s’enrôler dans une quelconque brigade antisucre.

Le hic ? La plupart des images défilant dans Sugar Coated sont en grande partie les mêmes que dans Fed Up. Pis encore, s’y retrouvent quelques-uns des plus éminents spécialistes vus chez Soechtig, dont l’auteur de Why We Get Fat, Gary Taubes et le docteur Robert Lustig, qui y répètent sensiblement les mêmes propos. Quiconque ayant vu Fed Up n’apprendra donc pas grand-chose de nouveau. Tout au plus pourra-t-il apprécier qu’Hozer n’ait pas appuyé ses propos à l’aide de témoignages larmoyants de jeunes luttant vainement contre l’obésité, comme l’avait fait Soechtig, et qu’elle ait su démontrer que le problème allait bien au-delà de l’Amérique par un segment tourné au Japon. Alors pourquoi voir Sugar Coated ? Parce que le message qu’il véhicule est trop important et qu’un simple rappel ne fait jamais de tort.

V.O. : Cinéma du Parc

Sugar Coated

Canada, 2015, 90 minutes. Documentaire de Michèle Hozer.