La guerre de l’eau

Grouillant d’irrésistibles clins d’œil aux classiques de la science-fiction, ce délire rétrofuturiste survitaminé comblera les nostalgiques des séries B.
Photo: Filmoption International Grouillant d’irrésistibles clins d’œil aux classiques de la science-fiction, ce délire rétrofuturiste survitaminé comblera les nostalgiques des séries B.

Après dix ans d’attente, voici que les adeptes d’Anouk Whissell, François Simard et Yoann-Karl Whissell, aussi connus sous l’appellation Roadkill Superstar ou RKSS, pourront enfin découvrir leur premier long métrage. Non, il ne s’agit pas de la version étoffée de leur cultissime court métrage Le bagman (2004), jouissif slasher bien dégoulinant ayant fait les belles soirées de SPASM, mais plutôt de la version longue du court T Is for Turbo, où Yves Corbeil incarnait un sombre vilain.

Jubilatoire pastiche des films postapocalyptiques des années 1980, Turbo Kid nous entraîne dans un passé parallèle pas si lointain, soit en 1997, après l’Apocalypse, alors que l’eau potable est devenue une denrée plus que rare. Collectionneur d’artefacts des années 1980, qu’il échange contre de l’eau, le Kid (solide Munro Chambers) voit d’un mauvais oeil l’arrivée de la ravissante et enfantine Apple (hilarante Laurence Leboeuf) dans son univers. Armé de son gant turbo, chevauchant son BMX, il ira pourtant à sa rescousse après qu’elle eut été kidnappée par un sbire de l’infâme Zeus (Michael Ironside, passé maître dans ce type de rôle), qui contrôle le trafic de l’eau.

Grouillant d’irrésistibles clins d’oeil aux classiques de la science-fiction, dont Soylent Green de Richard Fleischer, ce délire rétrofuturiste survitaminé comblera les nostalgiques des séries B. De fait, ceux-ci riront à s’en décrocher la mâchoire à chaque référence hilarante aux sous-Mad Max de l’époque, à BMX Bandits de Brian Trenchard Smith et à Brain Dead de Peter Jackson, principales sources d’inspiration du talentueux trio cinéphile.

N’ayant rien perdu de leur humour déjanté ni de leur fort penchant pour les effets spéciaux outranciers, RKSS signe une réalisation tonique où le gore, le kitsch et les gros synthés bien appuyés (gracieuseté de Le Matos) sont rois. Mieux encore, les trois réalisateurs prouvent hors de tout doute que lorsqu’on lui donne les moyens (merci à la Nouvelle-Zélande !), le cinéma québécois peut offrir de bons films de genre. Un plaisir coupable ? Non, totalement assumé !

Turbo Kid

★★★

Canada–Nouvelle-Zélande, 2015, 93 minutes. Science-fiction d’Anouk Whissell, François Simard et Yoann-Karl Whissell. Avec Munro Chambers, Laurence Leboeuf, Michael Ironside, Aaron Jeffrey, Edwin Wright et Romano Orzari.