Beauté et élégance en cinq portraits d’artistes

Iris Apfel, dans le dernier documentaire en solo du regretté Albert Maysles, «Iris», s’avère un réel régal pour toute rétine avide de couleurs et de textures.
Photo: Source Kinosmith Iris Apfel, dans le dernier documentaire en solo du regretté Albert Maysles, «Iris», s’avère un réel régal pour toute rétine avide de couleurs et de textures.
Grands couturiers, fashionistas et traqueurs de tendances défilent sur grand écran au cours d’une programmation spéciale confectionnée par le Cinéma du Parc en association avec le Festival Mode Design.​
 

Du 17 au 22 août, au Quartier des spectacles, se déroulera le Festival Mode Design. Pour l’occasion, en association avec le FMD, le Cinéma du Parc célébrera à sa manière la beauté et l’élégance à travers cinq portraits d’artistes, d’artisans et d’amants du style inspirants ayant marqué à leur façon l’univers de la mode.

Ce cycle Mode Cinéma, dont chaque film sera présenté par la journaliste et blogueuse mode Lolita Dandoy, débute avec ce qui est certainement l’un des plus beaux et plus émouvants portraits consacrés à Yves Saint Laurent, L’amour fou de Pierre Thorreton. Dauphin de Dior, à qui il succède en 1957, et fils spirituel de Chanel, celui qui rêvait à 13 ans de voir son « nom gravé en lettres de feu sur les Champs- Élysées » a partagé durant 50 ans la vie de l’homme d’affaires émérite Pierre Bergé. Sans lui, nul doute que la mode n’aurait pas été la même.

Moins d’un an après la mort du grand couturier, disparu le 1er juin 2008, Pierre Bergé se prépare à mettre aux enchères une centaine de pièces de leur imposante collection d’art et de meubles. Ce faisant, Bergé se remémore les événements ayant jalonné leur vie de couple et leur association professionnelle. Une page de l’histoire de la mode d’une élégante sobriété et d’une prenante mélancolie.

Modes de vie

 

Le cycle Mode Cinéma se poursuit avec deux documentaires qui pourraient très bien former un fascinant diptyque tant ils sont complémentaires. De fait, on pourrait difficilement imaginer la mode new-yorkaise en faisant abstraction du traqueur de tendances Bill Cunningham et de l’icône de la mode Iris Apfel.

D’un rythme nerveux, Bill Cunningham NYC de Richard Press suit à travers les rues de New York le frêle octogénaire à vélo alors qu’il croque avec son appareil photo les looks les plus originaux des passants. Affilié depuis 30 ans au New York Times, Cunningham dicte les tendances via ses rubriques « On the Street » et « Evening Hours ». Rechargeant ponctuellement son oeil à Paris, cette véritable encyclopédie vivante de la mode se livre timidement mais généreusement à l’écran grâce au tact du réalisateur.

Alors que « nous nous habillons tous pour Bill » lance Anna Wintour, « rédactrice en chef » du Vogue dans le documentaire de Press, la colorée fashionista et socialite de 93 ans Iris Apfel parcourt le monde avec son centenaire de mari afin de parfaire son style en collectionnant bijoux, accessoires et vêtements. Dernier documentaire en solo du regretté Albert Maysles, Iris s’avère un réel régal pour toute rétine avide de couleurs et de textures. Un vibrant hymne à l’originalité doublé d’une candide leçon de vie.

Griffes prestigieuses

 

Bien qu’il ait pris sa retraite en 2008, ses somptueuses créations sont associées à jamais aux éternelles incarnations de la grâce féminine que furent Jackie Kennedy et Audrey Hepburn. Tourné de 2005 à 2007, alors qu’il se préparait à célébrer ses 45 ans de carrière, Valentino : The Last Emperor de Matt Tyrnaner, correspondant spécial du Vanity Fair, trace un portrait sans fard du grand couturier au tempérament bouillant Valentino Garavani et de son partenaire de vie, le plus que patient Giancarlo Gimametti. En résulte une fascinante incursion dans cet univers férocement compétitif qu’est la haute couture.

Ayant commencé par un portrait du premier successeur de Christian Dior, le cycle Mode Cinéma se termine par celui de Frédéric Tcheng sur celui qui est devenu en 2012 le sixième responsable de la haute couture chez Dior, l’architecte de formation Raf Simons. Porté par les réflexions de Dior, où celui-ci aborde la troublante dualité entre l’homme et l’artiste, Dior et moi traduit avec efficacité la fébrilité régnant dans les ateliers de couture à la veille du dévoilement d’une nouvelle collection. Rendant hommage au génie créateur, Tcheng salue le talent, la patience et le dévouement des petites mains sans qui les grands couturiers ne seraient rien.

Du 14 au 16 août au Cinéma du Parc

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