Marion Cotillard et Léa Seydoux dans le prochain film de Xavier Dolan

Avant de tourner l’automne prochain son premier film en anglais, The Death and Live of John F. Donovan, avec une distribution en partie américaine, Xavier Dolan gardait une carte dans son chapeau. Le tournage au Québec, dans les régions de Laval et de Sorel, dès la fin de mai, après le Festival de Cannes où il est membre du jury, d’une coproduction France-Québec, Juste la fin du monde, adaptée de la pièce du dramaturge français Jean-Luc Lagarce.

La distribution française est du plus haut niveau, puisque Marion Cotillard y côtoiera d’autres grands interprètes, comme Léa Seydoux, Vincent Cassel, Nathalie Baye — qu’il a déjà mise en scène dans Laurence Anyways — et Gaspar Ulliel. Le jeune cinéaste québécois est d’ailleurs ravi de travailler et de jouer littéralement avec ces acteurs, mais de l’autre côté du miroir. Il aime aussi, comme scénariste, se colleter à l‘univers d’un autre, par la voie royale de l’adaptation, chargée de responsabilité et de risque, donc d’inspiration.

Les ventes internationales seront amorcées au marché de Cannes par les Films Séville, mais MK2 en assurera la distribution en France. « Rassembler tous les acteurs dans la même pièce fut un casse-tête de qualification olympique, évoque le cinéaste québécois, mais tous les sacrifices paraissent futiles quand je pense que je vais me retrouver dans le même espace artistique que ces cinq individus si extraordinaires, si créatifs. »

Huis clos familial

Il s’agit de la deuxième pièce de théâtre adaptée au cinéma par Xavier Dolan, après Tom à la ferme de Michel Marc Bouchard, en 2012. Et les deux univers ont des points communs, sur fond de huis clos familial à la campagne, alors qu’un homme ancré en ville s’invite au village, soulevant un poids de tensions.

Juste la fin du monde, qui aborde l’incommunicabilité entre proches, suit un écrivain sidéen (Gaspar Ulliel) qui vient revoir sa famille après douze ans d’absence afin de lui annoncer sa mort prochaine. Mais les retrouvailles champêtres avec sa mère (Nathalie Baye), son frère (Vincent Cassel), sa soeur (Léa Seydoux) et sa belle-soeur (Marion Cotillard) se noieront dans les soliloques et les rancoeurs ressassées. Il s’agit d’une des dernières pièces de l’auteur, lui-même atteint du sida, un mal qui l’emporta en 1995.

Son actrice Anne Dorval lui avait fait connaître la pièce de Lagarce à une époque où il était pris ailleurs, mais Xavier Dolan n’avait pas envie de se tourner les pouces cet été en attendant de s’atteler à la grosse machine internationale de l’automne. Juste la fin du monde lui paraissait tendre un pont idéal entre Mommy et John F. Donovan, deux projets aux genres et aux profils assez distincts. L’oeuvre, appuyée par Téléfilm, sera produite par Nancy Grant et Xavier Dolan (la boîte Sons of Manual), par Nathanaël Karmitz (MK2) ainsi que par Sylvain Corbeil.

«Rassembler tous les acteurs dans la même pièce fut un casse-tête de qualification olympique, évoque le cinéaste québécois, mais tous les sacrifices paraissent futiles quand je pense que je vais me retrouver dans le même espace artistique que ces cinq individus si extraordinaires, si créatifs.»

Xavier Dolan