Western danois

The Salvation s’inscrit avec éclat dans la lignée des westerns crépusculaires.
Photo: Métropole Films The Salvation s’inscrit avec éclat dans la lignée des westerns crépusculaires.

Ayant tué les assassins de sa famille, un honnête immigrant danois (Mads Mikkelsen, imposant) s’attire les foudres du chef d’un gang (Jeffrey Dean Morgan, qui s’amuse en dur à cuire) menant la vie dure à une communauté corrompue du Far West. Livré à l’impitoyable truand par les lâches habitants, l’homme devra se faire justice lui-même. S’ensuit un jeu du chat et de la souris, captivant quoique prévisible, auquel prendra part l’épouse de l’un des meurtriers (Eva Green, au regard éloquent), femme assoiffée de vengeance à qui les Indiens ont coupé la langue.

Deux ans après le western médiéval français Michael Kohlhaas d’Arnaud des Pallières, Mads Mikkelsen renoue avec un personnage lui étant familier, celui de l’homme droit mis au ban de la société, comme celui qu’il incarnait dans The Hunt de Thomas Vinterberg, sous la direction du cinéaste danois Kristian Levring (The Intended) qui, sans réinventer le genre, signe un western envoûtant.

Magnifiquement mis en images par Jens Schlosser, The Salvation s’inscrit avec éclat dans la lignée des westerns crépusculaires, plus près d’Eastwood que de Peckinpah par son aspect contemplatif, où la Conquête de l’Ouest n’a rien de romantique, où les valeureux cow-boys à la John Wayne ne sont pas légion.

Avec ses amples mouvements de caméra évoquant le vol menaçant d’oiseaux de proie, sa direction artistique soignée et sa minutie du détail, ce western danois ne lésine pas dans son illustration du dur climat de violence de l’époque. Ce que l’on pourrait cependant lui reprocher, c’est qu’on en a quelque peu négligé l’aspect psychologique au profit de l’esthétique. Et pourtant, on retrouve à titre de coauteur Anders Thomas Jensen, un autre beau fleuron du cinéma scandinave, à qui l’on doit notamment les scénarios des meilleurs films de Susanne Bier (Brothers, After the Wedding). Malgré un récit schématique où évoluent des personnages pas très loin du cliché, The Salvation s’avère un vibrant hommage au western, qui échappe de justesse au vulgaire pastiche.

La terre promise (V.F. de The Salvation)

★★★

Réalisation : Kristian Levring. Avec Mads Mikkelsen, Jeffrey Dean Morgan, Eva Green, Jonathan Pryce et Mikael Persbtrandt. Danemark, 2015, 92 minutes.