Ensemble, c’est tout

Le réalisateur Nicolas Monette avait la délicate tâche de respecter l’essence des romans de l’auteure India Desjardins.
Photo: Annik De Carufel Le Devoir Le réalisateur Nicolas Monette avait la délicate tâche de respecter l’essence des romans de l’auteure India Desjardins.

Dans Aurélie Laflamme. Les pieds sur terre, de Nicolas Monette, l’heure du bal a sonné pour la populaire héroïne aussi gaffeuse qu’attachante née de la plume d’India Desjardins.

En 5e secondaire, Aurélie Laflamme (Marianne Verville) aimerait bien n’avoir qu’à se soucier de la robe qu’elle portera au bal des finissants auquel elle rêve d’assister au bras du beau Nicolas (Aliocha Schneider). Toutefois, l’année scolaire s’annonce mouvementée. Alors que son professeur de français (David La Haye) lui reproche sans cesse son manque de profondeur, que sa mère (Édith Cochrane) a des poussées d’hormones et qu’elle tente de s’habituer à son beau-père (Stéphane Gagnon), voilà que Nicolas la contraint de choisir entre lui et son ami Tommy (Lou-Pascal Tremblay). Se pointe alors le craquant Jean-Benoît (Pier-Luc Funk), à qui Aurélie fait tout un cinéma. Heureusement, Kat (Geneviève Chartrand), sa « best », secondée par son nouveau chum Emmerick (Miro Belzil) et son ex sorti du placard Jean-Félix (Hubert Lavallée Bellefleur), est là pour soutenir celle qui prétend avoir des neurones d’écureuil.

De nouvelles aventures

Cinq ans après Le journal d’Aurélie Laflamme de Christian Laurence, se retrouve aux commandes des nouvelles aventures de l’héroïne chouchoute des ados le réalisateur Nicolas Monette (Nos étés, C.A. et 3 X rien), qui avait la délicate tâche de respecter l’essence des romans d’India Desjardins et les attentes des nombreux lecteurs connaissant son oeuvre par coeur.

« C’était très important pour moi de ne pas trahir qui que ce soit,confie Nicolas Monette. Il y a beaucoup de moi dans le film, même si c’est une commande. Tout le côté musical, c’est moi qui ai voulu l’apporter. Je voyais le film comme un vidéoclip. Je voulais y faire entendre des artistes qui chantent en français et en anglais, des groupes comme Milk Bone et Monogrenade. Mon plus gros souhait, c’est que les ados fassent des découvertes musicales en découvrant le film. »

« Nicolas et moi sommes de la même génération, nous avons les mêmes références, les mêmes goûts, avoue India Desjardins. Il a fait le film que j’aurais rêvé de voir ado. J’étais très contente du film de Christian, mais j’avais envie d’une autre couleur. En rencontrant Nicolas, je lui ai dit que je voulais que l’univers féminin côtoie celui de la quête. Nicolas est allé chercher ce côté réaliste et touchant dont j’avais envie ; il a aussi apporté une touche de maturité. »

Marianne la muse

Ayant pu compter sur les conseils de Simon-Olivier Fecteau, India Desjardins s’est attelée à fusionner les septième et huitième tomes (Plein de secrets et Les pieds sur terre) du Journal d’Aurélie Laflamme en un récit où la bande d’Aurélie aurait aussi ses tourments à vivre. « Je ne suis pas scénariste de métier. Écrire un scénario me demande plus de travail qu’un roman. Le premier film, je l’ai écrit avec le réalisateur ; j’avais dû faire des compromis. Pour celui-ci : aucun compromis ! Pour les besoins de la courbe dramatique, j’ai transformé et déplacé certains éléments en gardant l’esprit du roman. Simon-Olivier m’a beaucoup aidée à faire de toutes ces anecdotes un tout. »

Bien qu’il avoue avoir comme référence principale The Breakfast Club de John Hugues pour ce film axé sur l’amitié, Nicolas Monette a toutefois voulu que les jeunes acteurs voient The Spectacular Now, comédie dramatique où un gars de party s’éprend d’une fille pas ordinaire. « Pour moi, c’était important que les comédiens soient justes, bons et beaux et qu’ils ressemblent à des jeunes, qu’ils parlent comme des jeunes, afin d’être le plus vrai possible. Je voulais que le jeune public se reconnaisse dans le film. Les personnages vivent de petits drames, des peines d’amour qui leur paraissent énormes, et je ne voulais pas que cela soit minimisé par un regard d’adulte qui les regarde de haut. »

Reprenant le rôle d’Aurélie, Marianne Verville a contribué à sa manière à l’écriture du scénario. « Ce film est devenu notre rêve, affirme la romancière. Au fur et à mesure que j’écrivais, je lui demandais de répéter les répliques. Aux institutions, quand on me questionnait sur certaines scènes, je leur répondais : “Attendez de voir Marianne !” Autant je me suis basée sur le personnage de mon livre pour le premier film, autant je me suis inspirée du personnage créé par Marianne pour le second. » « Au final, Marianne est devenue Aurélie et Aurélie est devenue Marianne », résume Nicolas Monette.

Aurélie Laflamme. Les pieds sur terre prendra l’affiche le 24 avril.

Le réalisateur Nicolas Monette avait la délicate tâche de respecter l’essence des romans de l’auteure India Desjardins.