Scruter le réel, le décliner sur plusieurs plateformes

André Lavoie Collaboration spéciale
Jérémy Verain, le directeur général par intérim des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM)
Photo: Guzzo Desforges Jérémy Verain, le directeur général par intérim des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM)

Ce texte fait partie du cahier spécial Conseil des arts

« C’est la troisième fois que nous sommes en nomination », déclare Jérémy Verain, directeur général par intérim des Rencontres internationales du documentaire de Montréal (RIDM). Il espère que celle-ci sera la bonne, mais il admet qu’être finaliste pour le 30e Grand Prix du Conseil des arts de Montréal, c’est à la fois « une belle visibilité et une belle reconnaissance ».

Cette nomination, ce n’est pas seulement pour souligner leur présence constante dans le paysage des festivals de films montréalais depuis 1998, mais aussi la manière des RIDM d’assurer au documentaire une place unique, bien au-delà des 10 jours de l’événement. Celui-ci se porte d’ailleurs très bien, selon Jérémy Verain : « En quatre ans, nous sommes passés de 30 000 à 60 000 spectateurs, ce qui témoigne de l’engouement extraordinaire autour du documentaire. »

Pour cultiver cette ferveur, l’équipe des RIDM compte, bien sûr, sur une programmation de qualité, un nombre plus important de films et de lieux de diffusion, ainsi que la multiplication des partenariats avec d’autres organisations culturelles (POP Montréal, M pour Montréal, Nuit blanche à Montréal, Art souterrain, le Festival Transamériques, etc.). « Avec nos initiatives proposées tout au long de l’année, comme les projections gratuites dans les parcs de Montréal pendant l’été ou nos actions dans les écoles secondaires et les cégeps en présence des réalisateurs, ça nous permet de rejoindre de nouveaux publics », souligne Jérémy Verain.

Autre alliance incontournable, autant pour les documentaristes que pour ceux qui assurent le rayonnement de leurs oeuvres : les télédiffuseurs. Les RIDM travaillent étroitement avec plusieurs d’entre eux, lien important puisque la distribution du documentaire dans les salles de cinéma relève encore et toujours de l’exploit. « L’an dernier, il fallait une refonte de ce partenariat, à la lumière des nouvelles plateformes, précise le directeur général. Ce sont de nouveaux outils à la disposition des festivals et de la communauté artistique d’ici ; les télédiffuseurs deviennent une grande vitrine de toutes ces oeuvres extraordinaires produites au Québec. »

C’est d’ailleurs grâce à ces collaborations que les RIDM ont décroché cette troisième nomination pour le Grand Prix, offrant aux jeunes cinéastes la possibilité de présenter leurs films via Tou.tv (Radio-Canada) et La fabrique culturelle (Télé-Québec), sans oublier La nuit du documentaire, à la télévision de Radio-Canada, une sélection de films signés par des réalisateurs chevronnés, dont Carole Laganière (L’Est pour toujours) et André Melançon (Les trains de la vie). Autant de manières de décloisonner le genre pour aller à la rencontre d’un public parfois réfractaire au documentaire, souvent sans trop savoir pourquoi.

La clé ? L’éducation du jeune public. « Nous essayons de créer de l’envie, souligne Jérémy Verain. Diffuser le cinéma d’auteur, donner le goût d’en voir, contribuer à la vitalité du documentaire : nous faisons ça en toute modestie et avec les moyens qui sont les nôtres. »