Le premier western fête ses 100 ans

Los Angeles — Son revolver tendu vers un groupe d'honnêtes citoyens assis dans la pénombre, le malfaiteur appuie sur la détente. De la fumée s'échappe du canon. Des femmes s'évanouissent, des hommes crient.

Il y a un siècle, par une nuit de décembre 1903, une semaine avant Noël, les spectateurs d'un petit théâtre de Manhattan découvraient The Great Train Robbery, ancêtre du western. Le coup de feu était parti sans bruit, si ce n'est des accents dramatiques du piano droit. L'homme au revolver était un acteur nommé George Barnes. Sans flashes ni tapis rouge, la modeste première d'un petit film muet de 11 minutes sur l'attaque d'un train, projeté entre deux sketches au Luban's Museum sur la 14e rue, apparaît aujourd'hui comme l'acte de naissance de l'industrie cinématographique.

C'est le moment où les films «ont commencé à ne plus être une nouveauté pour devenir ce qu'ils allaient bientôt être», explique Jere Guldin, conservateur des archives de cinéma et de télévision de l'université de la Californie à Los Angeles (UCLA). «C'est l'année où le film de fiction a vraiment commencé à faire effet». The Great Train Robbery, ou Le Vol du Grand Rapide, fit sensation. Le film resta le plus gros succès du cinéma pendant plus d'une décennie, jusqu'à la sortie de Naissance d'une nation, de D. W. Griffith, en 1915. Ce premier western et ceux qui suivirent «finirent par créer le système des studios», explique Randy Haberkamp, programmateur à l'Académie des arts et techniques du cinéma.

LE COURRIER DES ÉCRANS

Le meilleur et le pire des écrans, petits et grands, vus par nos journalistes cette semaine. Inscrivez-vous, c'est gratuit.


En vous inscrivant, vous acceptez de recevoir les communications du Devoir par courriel. Les envois débuteront le 5 septembre 2019.