Le FIFA en 243 films

«Une courte histoire de la folie», d’Isabelle Hayeur, propose un survol en danse de l’évolution des traitements de la maladie mentale au Québec.
Photo: Festival international du film sur l’art «Une courte histoire de la folie», d’Isabelle Hayeur, propose un survol en danse de l’évolution des traitements de la maladie mentale au Québec.

L’événement, depuis longtemps reconnu sur la scène internationale et riche d’une clientèle d’habitués, a atteint l’âge vénérable de 33 ans. Le Festival international du film sur l’art (FIFA), avec René Rozon à sa barre depuis ses débuts, remet le couvert du 19 au 29 mars à travers 243 films issus de 29 pays.

À l’ouverture : La machine. La véritable histoire du Radeau de la Méduse, d’Hervé Jouon, sur la genèse du tableau de Géricault. En clôture : J. R. R. Tolkien : des mots, des mondes, de Simon Backès, odyssée au royaume du Seigneur des anneaux, sur des extraits lus par Michael Lonsdale.

Le Québec est bien représenté, avec Jean-Philippe Duval et Benoît Godbout en balade dans Au Québec avec Tintin. Des tintinophiles émérites, dont Michel Tremblay, Dany Laferrière, Guy Laliberté et Claude Legault, sont interviewés. Isabelle Hayeur propose une incursion dansante à travers l’évolution des traitements de la maladie mentale depuis le XIXe siècle, dans Une courte histoire de la folie, sur une chorégraphie de Virginie Brunelle. À travers Black and Tan Fantasy/Repetition, Mario Côté recrée la chorégraphie de Françoise Sullivan de 1947, à New York, sur une musique de Duke Ellington. Marie-Claude Fournier et Anne Laguë se penchent sur la passion des chevaux de l’écrivaine Marie-Hélène Poitras. Quant à Jean Fontaine, il aborde la musique de Death Black Metal dans La vie selon Morgue. Isabelle de Blois lève son chapeau au Théâtre Parminou, un collectif d’engagement pionnier au Québec.

Sélection internationale

Parmi la sélection internationale, quelques titres en vrac : Fallingwater : The Apprentices, de Kenneth Love, sur la relation entretenue par l’architecte Frank Lloyd Wright avec ses apprentis sur le chantier tumultueux de Fallingwater, en Pennsylvanie. Dans Drogues et création : une histoire des paradis artificiels, de Jérôme de Missolz, l’influence de la drogue sur plusieurs artistes de premier plan est explorée. À travers Art War, Marco Wilms montre comment l’art fut une arme révolutionnaire au Caire après le renversement de Moubarak. À travers Il était une fois… Une séparation, Auberi Edler fait la lumière sur le merveilleux film d’Asghar Farhadi. Before the Last Curtain Falls, de Thomas Wallner, trace un portrait de six danseurs et comédiens transsexuels ou travestis sexagénaires vedettes du spectacle Gardenia. Dans Van Gogh, le choix de peindre, Henri De Gerlache retrace les débuts de Van Gogh auprès des mineurs de Borinage.

Hommage est rendu à la Checkerboard Film Foundation de New York, avec 10 films accompagnés par le fondateur Edgar B. Howard, sur des artistes aussi différents que Roy Lichtenstein, Brice Marden, Ellsworth Kelly, etc.

Cinq films d’Hoolboom

Au menu aussi : cinq films de Mike Hoolboom, Canadien d’origine danoise-indonésienne, parmi lesquels Buffalo Death Mask, une conversation à New York entre deux amis séropositifs. Par ailleurs, la Cinémathèque québécoise sera l’hôtesse de l’installation de Nathalie Bujold, en collaboration avec le Quatuor Bozzini et le compositeur Taylor Brook, entre textile, musique et vidéo, des anniversaires sont soulignés. Signé Samuel de Champlain, de Mélissa Vaillancourt, remonte aux sources sonores des 17es Symphonies portuaires de Pointe-à-Callière. Pour le demi-siècle du Musée d’art contemporain de Montréal, à l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme de la Place des Arts, le FIFA présente une installation de Mark Lewis, Rush Hour, Morning and Evening, Cheapside.

Au Marché international du film sur l’art se tiendra le colloque « Une télévision allumée : les arts dans le noir et blanc », dirigé par le professeur André Gaudreault.

Le 33e FIFA prendra l’affiche dans 14 lieux du centre-ville de Montréal, et les billets seront disponibles à la billetterie de la Place des Arts dès le 5 mars.