Quand Vallée, Labrèche, Côté et Dolan nous offrent une leçon de cinéma

Marc Labrèche, qui a joué dans L’âge des ténèbres et Whitewash, donnera une leçon de cinéma ce mardi.
Photo: Annik MH De Carufel Le Devoir Marc Labrèche, qui a joué dans L’âge des ténèbres et Whitewash, donnera une leçon de cinéma ce mardi.

Parmi les bons coups des Rendez-vous du cinéma québécois, les quatre Leçons de cinéma offertes cette semaine par Denis Côté, Marc Labrèche, Jean-Marc Vallée et Xavier Dolan constituent des événements phares.

Cela manque de filles, mais, quoi qu’il en soit, tous ont marqué notre culture et méritent d’être interrogés non seulement sur leur parcours, mais aussi — avec des personnalités et des talents différents et complémentaires — sur leur vision du Québec, du cinéma et des va-et-vient planétaires. Ces rencontres se déroulent à La Cinémathèque québécoise, 19 h 30, sauf celle de Xavier Dolan, même heure, à la Maison Théâtre, rue Ontario.

Mardi 24 février, la leçon de cinéma est celle de Marc Labrèche, humoriste et acteur, un des héros de la légendaire Petite vie. Qu’on l’ait vu au théâtre dans Les aiguilles et l’opium et Robert Lepage, à la télévision dans La fin du monde est à sept heures, 3600 secondes d’extase ou Les bobos aux côtés d’Anne Dorval, ou au grand écran dans L’âge des ténèbres et Whitewash, c’est le second degré de son rapport au monde, un comique d’intelligence opposé au registre d’un tas d’humoristes moins raffinés qui a marqué les esprits. Depuis le début des années 90, le parcours de ce hors-caste croise le nôtre avec un sourire en coin, un oeil aiguisé, et une verve capable d’auto-analyse et d’autodérision qu’une Leçon de cinéma peut mettre à profit.

Mercredi, ce sera au tour de Denis Côté, cinéaste exigeant, à la frontière des genres, en exploration constante de codes cinématographiques à entrechoquer, de s’exprimer. Le cinéaste de Curling, de Carcasses, de Vic +Flo ont vu un ours, extrêmement apprécié dans les festivals européens (primé à Locarno et à Berlin) est un coureur de fond. Sa signature d’hybridité se meut à travers des paysages des banlieues glauques où tout peut arriver. Nul n’est vraiment tout à fait indépendant, mais Côté l’est plus que d’autres.

Jeudi, Xavier Dolan qui vient de remporter le César du meilleur film étranger pour Mommy, après le prix du jury à Cannes pour ce même film, est très attendu. Son profil de jeunesse, de travail acharné, de talent protéiforme, de bagout, d’ambition et d’audace a tout bousculé sur son passage, pour mettre l’industrie à l’heure de ses éclairs et de son urgence. Cette Leçon de cinéma est le parfait moment pour le cinéaste de J’ai tué ma mère et des Amours imaginaires, né pour un grand pain, de remonter son parcours, de parler de cinéma et de son effervescence créatrice.

Vendredi, le public aura une rare occasion de deviser avec Jean-Marc Vallée. Le cinéaste de C.R.A.Z.Y., de Dallas Buyers Club et de Wild est souvent aux États-Unis, considéré là-bas comme un des leurs. Grand directeur d’acteurs, il parvint à hisser en 2014 Matthew McConaughey et Jared Leto jusqu’aux Oscar, où tous deux ont remporté des prix d’interprétation. Jean-Marc Vallée est à l’aise chez les Américains et les acteurs d’Hollywood brûlent d’être dirigés par lui. Il peut parler des codes d’Hollywood à suivre ou à déjouer pour tâcher de conserver sa griffe. Dans The Young Victoria, en 2009, faute d’avoir eu les coudées franches, Vallée avait refusé de s’approprier la réalisation complète du film. Depuis, il est devenu un des rares cinéastes québécois établis à haut niveau à Hollywood. D’où la valeur précieuse de son témoignage.

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