«Les maîtres du suspense» en panne de succès

Les recettes du long métrage Les maîtres du suspense sont décevantes, étant donné les attentes et le calibre des principaux acteurs.
Photo: Films Séville Les recettes du long métrage Les maîtres du suspense sont décevantes, étant donné les attentes et le calibre des principaux acteurs.

La grosse production québécoise des Fêtes, Les maîtres du suspense de Stéphane Lapointe (le cinéaste de La vie secrète des gens heureux), n’aura pas récolté l’adhésion de la large audience.

Cette comédie-polar en chevauchement de genres abordant les affres d’un écrivain en panne d’inspiration et de ses nègres, déployée entre le Québec et la Louisiane, avait misé sur la popularité de ses interprètes masculins : Michel Côté, Robin Aubert et Antoine Bertrand, en plus de recevoir le concours de l’actrice portugaise Maria de Medeiros. Ni descendu en flèche par la critique ni monté aux nues, ce film, au scénario assez échevelé malgré de bons moments, qui avait pris l’affiche sur 64écrans le 17 décembre (en même temps que The Hobbit : The Battle of the Five Armies de Peter Jackson), reste sur sa faim. Ses recettes au guichet québécois frôlaient 500 000 $ à peine à la fin de la dernière fin de semaine.

« Ses recettes sont décevantes, étant donné les attentes et le calibre des acteurs qui s’y trouvent, estime Stéphanie Nolin, de Cinéac, firme qui recueille les statistiques du cinéma dans les salles du Québec. La stratégie d’affronter le Hobbit pendant la période des Fêtes n’aura pas porté ses fruits, ni pour ce film ni pour les nombreuses autres productions qui ont pris l’affiche à ce moment. Le film de Peter Jackson n’a laissé que des miettes à ses compétiteurs. Il est vrai que les comédies québécoises remportent généralement plus de succès durant la période estivale que durant les Fêtes. Les gens ne se sont pas déplacés comme on l’aurait espéré au départ. »

Publics visés

 

Le fait que Les maîtres du suspense ne visait pas un public familial, enfants compris, pouvait constituer un handicap au cours des vacances d’hiver, quand les spectateurs se déplacent davantage en tribu qu’au long de l’année. En témoignait, rappelle Stéphanie Nolin, le succès d’Il était une fois les boys de Richard Goudreau, à l’affiche dès le 6 décembre 2013 pour des recettes supérieures, dont un cumulatif de 1 504 633 $. « L’année précédente, Les Pee-Wee 3D d’Éric Tessier, sorti le 21 décembre 2012, avait accumulé des recettes de 2 347 383 $. Mais si on le compare aux sorties de 2014, Les maîtres du suspense fait légèrement mieux que Le vrai du faux d’Émile Gaudreault et un peu moins bien que La petite reine d’Alexis Durand-Brault. » Mommy de Xavier Dolan et 1987 de Ricardo Trogi demeurent les grands champions québécois des guichets de l’année écoulée, là où les productions plus commerciales ont piqué du nez.

 

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