D’une sublime médiocrité

La star Nicole Kidman parade en apparats royaux, qui ajoutent au kitsch de l’ensemble.
Photo: Métropole Films La star Nicole Kidman parade en apparats royaux, qui ajoutent au kitsch de l’ensemble.

Beaucoup de choses, guère flatteuses, ont été écrites sur le « drame biographique » (uh, uhm…) Grace de Monaco depuis sa première mondiale au Festival de Cannes, au printemps dernier. En voici davantage.

Grace de Monaco est l’oeuvre du réalisateur français Olivier Dahan, derrière La vie en rose, un « biopic », comme disent les Français, spectaculaire inspiré par le destin d’Édith Piaf. Hélas, le cinéaste échoue lamentablement avec ce nouveau sujet, qui ne manquait pourtant pas de potentiel en cela qu’il réunit royauté et glamour hollywoodien sur fond de conte de fées fabriqué.

Plus guindée que faste, plus mécanique que fluide, plus artificielle que sentie, la mise en scène ne fait malheureusement qu’exacerber cette impression prégnante que l’on contemple une coquille vide.

Le seul aspect positif, si l’on peut dire, qui ressort de cet « europudding » qui ne lève pas, c’est son humour. Un humour involontaire, certes, mais un humour néanmoins. Car on s’amuse ferme devant ce spectacle d’un kitsch inouï et, lui aussi, inopiné.


À cet égard, une scène aussi hilarante que représentative survient au mitan du film. On y voit Son Altesse Sérénissime, la princesse Grace de Monaco, pratiquer son langage non verbal au bénéfice d’un spécialiste du protocole monégasque qui lui montre des cartons où sont inscrits des mots tels que « colère », « sérénité », « arrogance », « joie », etc. Inspirée de Pygmalion, la séquence est drôle parce que — et l’ironie a inexplicablement échappé au réalisateur — l’actrice Nicole Kidman, qui interprète la princesse, a les traits tellement figés par le Botox qu’elle offre toujours la même expression faciale, quelle que soit l’émotion suggérée.
 

La débâcle monumentale de cette production internationale se trouve résumée dans ce seul passage. À moins bien sûr que l’on aborde la chose comme une farce.

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Grace de Monaco

★ 1/2

Réalisation : Olivier Dahan. Avec Nicole Kidman, Tim Roth, Frank Langella. France, États-Unis, Italie, Belgique, 2014, 103 minutes.