Robot après tout

Photo: Walt Disney Pictures

Campé dans la ville futuriste de San Fransokyo, Big Hero 6 met en scène un adolescent (voix de Ryan Potter dans la version originale américaine) qui fait équipe avec un robot médical nommé Baymax (Scott Adsit), créé par son frère aîné (Daniel Henney), et de sympathiques savants fous afin de venger la mort de son frère. L’enjeu : mettre la main au collet du vil entrepreneur (Alan Tudyk) s’étant emparé des microrobots, invention de l’ado, le soir de l’accident fatal.

Première adaptation d’uncomic book de Marvel depuis que Disney a racheté Marvel Entertainment, Big Hero 6, très librement inspiré de Duncan Rouleau et Steven T. Seagle, fusionne joliment l’esthétique manga à celle des longs métrages d’animation du réalisateur John Lasseter (Toy Story, Cars), ici producteur exécutif. Pilotée par Don Hall (le moyen métrage Winnie the Pooh) et Chris Williams (coréalisateur de Bolt), l’entreprise court cependant le risque de laisser sur leur faim les parents qui accompagneront leur marmaille à la projection.

De fait, il manque cruellement de second degré pour les plus grands et de poésie pour les fans de Miyazaki (Spirited Away) dans cette orgie de combats et de poursuites entre superhéros d’occasion et robots de toutes dimensions. À trop vouloir travestir l’esprit de Marvel en celui de Disney et à trop vouloir américaniser l’univers japonais de la bédé originale, l’équipe de production ne parviendra qu’à éloigner les différents publics ciblés plutôt que de les rassembler. Et ce n’est certainement pas l’apport vocal de Paul Doucet, qui accomplit honnêtement son boulot dans la version française doublée au Québec, qui fera frémir le public d’Unité 9.

Certes, ce récit sur le deuil et le passage à l’âge adulte sur fond de haute technologie fait la part belle aux émotions, célèbre avec éclat la créativité et regorge de trouvailles des plus inventives. Par ailleurs, on ne peut que s’incliner devant la fluidité de l’animation et la fulgurance des scènes d’action soutenues par la 3D, laquelle rabat malheureusement les brillantes couleurs. Malgré tout, on cherche vainement un supplément d’âme dans ce produit aseptisé… Enfin, aux spectateurs patients, prière de ne pas quitter la salle avant la fin du générique.

Les nouveaux héros (V.F. de Big Hero 6)

★★★

États-Unis, 2014, 108 minutes. Film d’animation de Don Hall et Chris Williams. Avec les voix de Scott Adsit, Ryan Potter, Daniel Henney et Alan Tudyk.