Marie-Ève Lavoie et Eza Paventi : passion Kino

Devant l’enthousiasme contagieux d’Eza Paventi (à droite) et de Marie-Ève Lavoie, directrice générale depuis un peu plus d’un an, force est de constater que l’engouement pour ce « terrain de jeu pour cinéastes » n’est pas près de disparaître.
Photo: Pedro Ruiz Le Devoir Devant l’enthousiasme contagieux d’Eza Paventi (à droite) et de Marie-Ève Lavoie, directrice générale depuis un peu plus d’un an, force est de constater que l’engouement pour ce « terrain de jeu pour cinéastes » n’est pas près de disparaître.

Lorsqu’Eza Paventi, Christian Laurence, Jéricho Jeudy et Stéphane Lafleur ont fondé le mouvement Kino en 1999, ils étaient les premiers surpris de son grand succès. Jamais ils ne se seraient doutés que 15 ans plus tard leur maxime, « faire bien avec rien, faire mieux avec peu, mais le faire maintenant », serait encore en vogue. Et que plusieurs kinoïtes se seraient taillé une place de choix dans le milieu du cinéma et de la télévision.

Sans le vouloir, les kinoïtes sont devenus les dignes héritiers des pionniers du cinéma direct : « Quand on voyait ces films-là, de Perreault, Brault, Labrecque,se souvient Eza Paventi, on se disait qu’on était jaloux de cette époque. Dans le fond, c’est exactement ce qu’on a fait avec Kino. On s’est inspiré de cette façon de faire du cinéma. Quand on a décidé de continuer une deuxième année, il y a eu beaucoup de questionnements. On se demandait si c’était du cinéma parce qu’on ne faisait pas de pellicule ; aujourd’hui, cette question ne se pose même plus. »

« Kino, c’est plus qu’un mouvement artistique, c’est un mouvement social, poursuit-elle. S’il peut apporter quelque chose dans le domaine du cinéma, c’est ce côté démocratique. On donne la chance à tous de s’exprimer en assumant le côté un peu moins réussi. Avec les années, Kino est devenu un gage de débrouillardise. »

Devant l’enthousiasme contagieux d’Eza Paventi et de Marie-Ève Lavoie, directrice générale depuis un peu plus d’un an, force est de constater que l’engouement pour ce « terrain de jeu pour cinéastes » n’est pas près de disparaître. Si le mouvement n’est pas tombé en désuétude, c’est que les vétérans ont toujours fait la part belle à la relève, permettant ainsi à Kino de préserver son essence et de la renouveler d’année en année, histoire de sortir les créateurs, de même que les spectateurs, de leur zone de confort.

Ainsi, pour le 13e Kino Kabaret, Marie-Ève Lavoie et son équipe ont concocté une formule qui revisite des éléments propres à l’esprit Kino. Les concepteurs ont même mis sur pied un off-Kabaret où l’on présentera notamment des matchs d’impro et un cours de maître de Rafaël Ouellet.

« L’un des commentaires qu’on a reçus à la soirée de lancement, révèle Marie-Ève Lavoie, c’était que la façon dont on a conçu le Kabaret cette année, avec les quatre thématiques, où les gens apprennent à la dernière minute les éléments essentiels de leur film [le lieu, la distribution, la direction artistique et le scénariste], on revient à l’époque où on se rencontrait le matin, qu’on faisait un film l’après-midi et qu’on le projetait le soir. Les gens sont hyper stimulés. »

Pour l’être humain, avoir 15 ans correspond à une période de turbulence. Qu’en est-il pour Kino ? « Je trouve que c’est un bel ado ! lance Eza Paventi. Kino ne remplacera jamais les institutions, c’est correct et c’est tant mieux, car ce n’est pas ça qu’on veut. Kino offre un terrain supplémentaire, complémentaire, aux cinéastes. »

« S’il y a une crise qui se prépare, je dirais que ça serait une crise de renouveau, qui serait positive, car on a vraiment envie de se renouveler chaque année afin qu’il n’y ait pas d’establishment », conclut Marie-Ève Lavoie.

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