Un Anglais et le continent

Wallace mène une relation platonique avec Chantry, en couple depuis cinq ans.
Photo: Les Films Séville Wallace mène une relation platonique avec Chantry, en couple depuis cinq ans.

Wallace est un jeune Anglais qui vit chez sa soeur à Toronto. Étudiant en médecine, il a tout plaqué après avoir découvert l’infidélité de sa fiancée, une consoeur de classe. Lors d’une fiesta organisée par son meilleur pote, Wallace fait la connaissance de Chantry, sympathique, spirituelle, jolie. Visiblement, ils partagent le même type d’humour décalé, la même propension à la folie douce. Bref, le courant passe. Et Wallace de raccompagner Chantry chez elle. Et Chantry de suggérer qu’ils se revoient, d’autant que Wallace risque de bien s’entendre avec… son fiancé.

 

D’abord basée sur un malentendu, puis un mensonge, l’amitié qui se forme entre Wallace et Chantry n’en est pas moins profonde. Lui voudrait plus tout en taisant ses sentiments réels, elle insiste tellement pour dire qu’elle est heureuse avec son petit ami que ça en devient suspect. Entre son petit bonheur acquis et cet autre, plus grand mais incertain, auquel lui permettrait peut-être d’accéder Wallace, Chantry se laisse guider non pas par son coeur, mais par sa raison.

 

Il s’agit d’ailleurs là d’un des enjeux secondaires les plus intéressants du film Et si jamais, une comédie romantique fort bien écrite (par Elan Mastai) et tout aussi joliment réalisée par le très polyvalent Michael Dowse, à des lieues des brutes en patins de Goon.

 

Quant à l’enjeu principal, il se résume à cette question déjà formulée dans le classique contemporain Quand Harry rencontre Sally : l’amitié entre un homme et une femme [hétérosexuels] est-elle possible ? On se souviendra qu’après avoir vaillamment essayé, les personnages immortalisés par Billy Crystal et Meg Ryan étaient arrivés à la conclusion que non, leur relation s’étant soldée par un heureux mariage.

 

Un quart de siècle plus tard (ouf !), les héros d’Et si jamais connaissent des tribulations certes distinctes, ce dont on se réjouit, mais dont l’issue est identique. Remarquez qu’en l’occurrence, ce n’est pas plus mal. En effet, force est de l’admettre : ils sont fichtrement bien assortis, Wallace et Chantry.

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Et si jamais (V.F. The F Word)

★★★ 1/2

Réalisation : Michael Dowse. Scénario : Elan Mastai, d'après une pièce de T. J. Dawe et Michael Rinaldi. Avec Daniel Radcliff, Zoé Kazan, Adam Driver, Megan Park, Mackenzie Davis. Image : Rogier Stoffers. Montage : Yvann Thibodeau. Musique : A. C. Newman. Canada-Irlande, 2013, 101 minutes.