Le messie du football

En 2004, Jim Caviezel s’est fait remarquer au grand écran en interprétant Jésus dans le sanguinolent drame biblique de Mel Gibson, The Passion of Christ. Il semble bien que ce rôle ait marqué l’imaginaire du réalisateur Thomas Carter (Miami Vice, Coach Carter) puisque celui-ci donne l’impression d’avoir voulu filmer l’acteur comme s’il jouait une figure christique. De fait, dans When the Game Stands Tall, Carter se plaît à cadrer Caviezel de façon à ce que celui-ci se retrouve nimbé d’un halo lumineux. Dominant les jeunes joueurs de son équipe, il leur inculque à coups de phrases creuses, lancées sur un ton placide, des leçons de vie, de courage et de détermination. Et pourtant, l’homme que Caviezel incarne, l’entraîneur de football américain Bob Ladouceur, n’est pas un modèle dans la vie de tous les jours.

 

Mari absent soutenu par une épouse douce et compréhensive qui aimerait bien le voir accepter un poste dans une université prestigieuse (Laura Dern), père manquant pour son footballeur de fils aîné (Mathew Daddario), Ladouceur a mené, de 1992 à 2004, l’équipe de l’école secondaire de La Salle, en Louisiane, vers 151 victoires, pulvérisant ainsi le record national. Toutefois, la maladie a éloigné quelque temps Ladouceur de son équipe, tandis que celle-ci était durement frappée par la tragique disparition de l’un des siens. À partir d’un scénario prévisible et pétri de bonnes intentions concocté par Scott Marshall Smith (The Score de Frank Oz) et David Zelon, d’après le livre de Neil Hayes, Thomas Carter a puisé dans les clichés propres au genre.

 

En résulte un drame sportif aseptisé où évoluent une panoplie de personnages déjà illustrés moult fois au cinéma — du champion en quête de gloire au papa sportif vivant sa vie par procuration, en passant par la famille afro-américaine folklorique.

 

À l’instar de Coach Carter, où Samuel L. Jackson incarnait un strict entraîneur de basketball, Thomas Carter a incorporé çà et là quelques éléments à caractère social et nappé le tout d’une épaisse sauce mélodramatique. D’un rythme laborieux, accentué par les inutiles et insupportables effets de ralenti, When the Game Stands Tall s’avère heureusement truffé de scènes de football plutôt bien troussées, lesquelles ont pour effet d’égayer momentanément le spectateur ennuyé par cette lourde ode à l’esprit d’équipe.

When the Game Stands Tall

★★

Drame sportif de Thomas Carter. Scénario : Scott Marshall Smith. D’après le livre de Neil Hayes. États-Unis, 2014, 115 minutes.