Mission accomplie

Chris Pratt incarne à merveille et avec désinvolture le personnage de Peter Quill.
Photo: Buena Vista Chris Pratt incarne à merveille et avec désinvolture le personnage de Peter Quill.

Tout jeune, Peter Quill a été enlevé par des extraterrestres qui ont fini par l’adopter et par l’inclure dans leur entreprise de contrebande spatiale. Devenu adulte, Peter met un jour la main sur une curieuse sphère métallique au détour d’une mission. Il l’ignore encore, mais différentes factions cherchent à se procurer l’objet, un dispositif capable de détruire des planètes entières.

 

Devenu un paria, par un concours de circonstances dont on ne révélera pas la teneur, Peter se voit contraint de faire équipe avec une bande hétéroclite d’individus pareillement rejetés : une guerrière belliqueuse, un raton laveur parlant, une créature-arbre et un homme plus fort que futé.

 

On a parfois l’impression que les films de superhéros, dont le public et, par ricochet, Hollywood ne se lassent pas, se suivent et se ressemblent. Or ce n’est pas tout à fait exact, en cela que tant la signature visuelle que le ton varient énormément d’une production à l’autre. Prenez la trilogie du Chevalier noir, ou Batman version Christopher Nolan, sombre au point de flirter avec le nihilisme. Ou Kick-Ass, une création irrévérencieuse et violente des comics Marvel, qui se déploie à l’autre extrême du faisceau.

 

Entre les deux, Iron Man, Thor et Capitaine America veillent à saupoudrer l’action de doses variables d’humour, selon le cas. Également issus de l’écurie Marvel, quoique moins connus, les Gardiens de la galaxie privilégient pour leur part un mélange de légèreté (paradigme proche de l’enfance, autodérision, violence dénuée d’hémoglobine) et de nostalgie (pour les années 1980). De telle sorte que les jeunes parents et leur progéniture y trouveront leur compte, pour des motifs différents. C’est le but.

  

Un air désinvolte

 

Les gardiens de la galaxie s’avère plutôt laborieux dans sa présentation initiale des personnages, qui se trouvent chacun à leur bout de la galaxie. Comprimée et un brin précipitée, cette entrée en matière n’en constitue pas moins un passage obligé afin que l’on s’y retrouve ultérieurement. Et de fait, bien ancrée dans un univers cohérent, l’intrigue trouve son rythme au bout d’une vingtaine de minutes en maintenant toujours cet air désinvolte qu’incarne à merveille Chris Pratt (Donneur anonyme, le remake de Starbuck).

 

Qui aime ce type de productions en sera quitte pour une surprise. Une bonne, en l’occurrence. Ceux qui, en revanche, n’aiment pas les « films de superhéros » ou en font une indigestion (c’est compréhensible) devront continuer de ronger leur frein puisqu’une suite est d’ores et déjà en chantier.

Les Gardiens de la galaxie (V.F. de Guardians of the Galaxy)

HHH Réalisation : James Gunn. Scénario : Nicole Perlman, J. Gunn, d’après les personnages créés par Dan Abnett et Andy Lanning. Avec Chris Pratt, Zoe Saldana, Dave Bautista, Michael Rooker, Glenn Close, Benicio Del Toro. Image : Ben Davis. Montage : Craig Wood, Fred Raskin, Hughes Winborne. Musique : Tyler Bates. États-Unis, 2014, 121 minutes.