La SODEC et la Ville ne bougent pas

Le coup de barre promis à minuit moins cinq par le Festival des films du monde (FFM) est entendu et bienvenu. Mais rien n’indique qu’il changera la donne du financement public pour 2014. La Ville de Montréal et la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC) maintiennent leur refus de soutenir la 38e édition, dédiée à l’écrivain disparu Gabriel García Márquez, qui se tiendra malgré tout, selon son président et fondateur Serge Losique, du 21 août au 1er septembre.

 

« Nous ne changerons pas notre position, mais il est heureux que le festival se retourne de bord et mette en place un plan de relance, ce qui est attendu depuis de nombreuses années, a expliqué au Devoir Manon Gauthier, responsable de la culture, du patrimoine et du design à la Ville, qui versait une enveloppe de 150 000 $ au FFM en 2013 qu’elle lui retirait, le mois dernier, pour 2014. On va observer avec intérêt cette édition et on verra ce que l’avenir nous dira. On souhaite un plan pérenne et viable. »

 

Même genre de son de cloche, diffusé mercredi sous forme de communiqué laconique par la SODEC, qui dit « maintenir sa décision » de ne pas soutenir le FFM pour 2014, tel qu’annoncé à l’organisme le 30 mai. La décision, que les deux subventionneurs disent avoir longuement mûrie, « relève d’abord d’une gestion responsable […] des fonds publics », souligne la SODEC, qui versait près de 300 000 $ au festival en 2013. Les deux enveloppes comptaient pour près du tiers des deniers publics.

 

Le Devoir révélait mercredi que le FFM allait hypothéquer le cinéma Impérial afin d’éponger sa dette de 2,5 millions de dollars. Ce coup de barre annoncé par le conseil d’administration de l’organisme vise à sauver le rendez-vous cinématographique de ses déboires financiers qui traînent depuis une dizaine d’années. Et prépare « l’après-Losique ».

 

Il sert aussi à rassurer les organismes subventionneurs « qui craignent que le président, Serge Losique, se serve de l’argent des subventions pour se rembourser », signalait mercredi au Devoir Michel Nadeau, l’un des administrateurs du FFM et ancien vice-président de la Caisse de dépôt et placement. M. Losique a hypothéqué ses biens personnels pour prêter un million de dollars au FFM en 2005 lorsque Québec lui coupait une première fois les vivres. Il doit également 850 000 $ à la SODEC et cumule d’autres dettes de près d’un demi-million de dollars.

 

Mettre dans le jeu des comptes le cinéma Impérial, joyau construit en 1913 et rénové en gardant son cachet, était peut-être « inévitable », selon Mme Gauthier, pour un « grand guerrier » comme M. Losique dont il faut saluer la contribution. « Par contre, est-ce un bon message d’aller hypothéquer un actif ? Moi, ça ne me rassure pas. »

4 commentaires
  • Luc Archambault - Abonné 3 juillet 2014 04 h 07

    Les chênes qu'on abat...

    Les manigances de la SODEC et de la Ville de Montréal sont ignobles.

    • Peter Kavanagh - Inscrit 3 juillet 2014 08 h 49

      Expliquez moi en quoi refuser de mettre l'argent des contribuables dans un festival qui est déficitaire d'année en année (malgré beaucoup de subventions) est ignoble???

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 3 juillet 2014 22 h 45

      Montréal mérite mieux que le FFM.

      Cette chose est née de festivals antérieurs et nul doute que le prochain festival sera encore plus bienvenue.

  • Robert Léger - Inscrit 3 juillet 2014 08 h 07

    Les chênes malades qu'on abat...

    Manigances ? Quelles manigances ?

    Comme plusieurs, j'ai connu les grandes années du FFM et je peux vous dire que la mort du festival de Serge Losique ne peut qu'être bénéfique au milieu, comme un chêne malade en forêt.