Un 38e FFM, contre vents et marées

Le président du Festival des films du monde, Serge Losique, et la directrice générale, Danièle Cauchard, affirment que le festival est là pour rester.
Photo: François Pesant le devoir Le président du Festival des films du monde, Serge Losique, et la directrice générale, Danièle Cauchard, affirment que le festival est là pour rester.

À la suite de la publication de l’article dans Le Devoir, ce jeudi, faisant état des bailleurs de fonds qui refusent de subventionner le 38e Festival des films du monde, celui-ci a fait paraître un communiqué assurant que le FFM prépare une cuvée de haut calibre. La manifestation se déroulera donc du 21 août au 1er septembre comme prévu. « Des promesses de soutien ont été faites qui n’ont pas été tenues, y lit-on. Pour l’heure, des ententes ont déjà été signées avec des partenaires et des commanditaires pour la tenue du FFM en 2014. »

 

La directrice générale du FFM, Danièle Cauchard avait reconnu avoir reçu la lettre de la SODEC lui annonçant que cette édition ne serait pas financée. Des missives de la Ville de Montréal et de Téléfilm Canada devaient suivre avec des contenus similaires, selon nos sources. Mais les institutions refusaient de commenter la situation jeudi. La part de la SODEC non versée est évaluée à 230 000 $, celle de Téléfilm à 300 000 $, et celle de la Ville de Montréal à 150 000 $.

 

Dans le milieu, les réactions étaient partagées : tristesse, mais également bien des mots pour admettre que Toronto a drainé les forces vives de l’industrie cinématographique, alors que le FFM perd des plumes depuis des années. Certains le croient mort, ce que nie son président.

 

À Radio-Canada, Serge Losique a assuré : « Je ne veux pas commenter la décision de la SODEC publiquement. Nous avons des ententes avec d’autres ministères, dont celui du tourisme. » Il a précisé qu’un peu moins de la moitié de son budget global provenait des institutions. Sauf que pour un événement déficitaire, cette moitié devient cruciale.

 

« Une part importante des films de la programmation ont été confirmés, et de nombreux professionnels du monde entier ont signifié leur volonté de venir à Montréal soit pour accompagner leur film, soit pour participer au Marché international du film de Montréal », lit-on dans le communiqué avec rappel de la venue d’une délégation chinoise ainsi que d’une délégation européenne importante.

 

LeDevoir avait fait état d’un événement en faillite technique, avec déficit accumulé de l’ordre de 2,5 millions. Le FFM attribue ses problèmes financiers aux séquelles des années 2005 et 2006 de la « saga des festivals », quand le FFM fut privé de subventions avec par la suite des coupes de subventions de l’ordre de 9,6 millions. « Aucune institution culturelle n’aurait pu survivre dans de telles conditions et c’est grâce à la gestion rigoureuse et responsable de la direction que le FFM est encore là. » Ils assurent qu’aucun bailleur de fonds n’a pu prendre en défaut le FFM, « dont les états financiers vérifiés et les rapports requis ont toujours été remis conformément aux normeshabituelles ». Nos sources indiquaient que chez les institutions, les livres du FFM n’étaient pas jugés bien clairs. On devrait en savoir plus long au cours des prochains jours.

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