Whodunnit à bord

Il n’y a pas erreur sur la marchandise. Ce thriller musclé du tâcheron espagnol Jaume Collet-Serra est en tout point conforme à ce que l’affiche, la bande-annonce et la filmographie récente de sa vedette Liam Neeson (Taken, Unknown), John Wayne de l’ère 2.0, annonçaient en toutes lettres.

 

Il s’agit, vous le savez déjà, d’un whodunnit à bord, du genre qu’on retrouve en formule condensée dans certains jeux de société. Comme la plupart des exercices du genre, celui-ci met en scène un vigoureux ballet de vraies crapules et de faux coupables, mais ne compte qu’un seul vrai adversaire : la raison du spectateur, qu’il faut détourner, déjouer, tromper, de façon à diriger ce dernier vers un dénouement aléatoire, probablement choisi par les participants des projections-tests.

 

Durant la traversée New York-Londres, un maréchal de l’air assis en classe Affaires (Neeson) reçoit une série de messages texte d’un terroriste à bord qui lui annonce qu’un passager mourra toutes les vingt minutes s’il n’obtient pas le transfert de 150 millions de dollars de la compagnie aérienne sur un compte à l’étranger. S’engage une chasse à la souris entre l’ex-flic alcoolique (signifiant qu’il n’a pas la conscience tranquille) et son adversaire qui se joue de lui en faisant diriger les soupçons sur sa personne. Mais une passagère compréhensive (Julianne Moore) et une hôtesse de l’air au redoutable sang-froid (Michelle Dockery, la lady Mary de Downton Abbey) vont serrer les rangs autour de lui à mesure que la liste des suspects et des cadavres s’allonge jusque dans le cockpit.

 

Le plaisir coupable, je vous mets en garde, est assez contagieux. Si ce n’était le dénouement idiot, surmonté d’une plaidoirie sur le mirage de la sécurité américaine, je recommanderais Non-Stop. C’est dire.


Collaborateur
 

Non-Stop

De Jaume Collet-Serra. Avec Liam Neeson, Julianne Moore, Michelle Dockery, Scoot McNairy, Nate Parker. Scénario : John W. Richardson, Chris Roach, Ryan Engle. Image : Flavio Labiano. Montage : Jim May. Musique : John Ottman. États-Unis, 2014, 106 minutes.

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