Un poème vieux comme le temps

Félix Bossuet interprète un petit orphelin qui joue dans les Alpes avec un chien au pelage immaculé, même dans l’adversité.
Photo: Films Séville Félix Bossuet interprète un petit orphelin qui joue dans les Alpes avec un chien au pelage immaculé, même dans l’adversité.

Un demi-siècle après la série-culte Belle et Sébastien, célébrant en montagne l’amitié entre un garçon laissé à lui-même et un chien sans maître, l’explorateur et cinéaste Nicolas Vanier réalise un remake au cinéma, en déplaçant l’action durant la Seconde Guerre mondiale, comme le fit Christophe Barratier avec sa Nouvelle guerre des boutons ; thème inépuisable.

 

On devait à Nicolas Vanier des films campés dans la nature sauvage : Le dernier trappeur, L’enfant des neiges, Loup. Cette fois, il s’agit d’une oeuvre de commande, dont il s’acquitte avec application : les Alpes sous la neige sont magnifiées et un tas de bêtes sauvages (bouquetin, sanglier, loup, etc.) surgissent derrière les sommets à point nommé, mais que de lieux communs !

 

Il s’agit, ne l’oublions pas, d’un film pour enfants, diffusé ici durant la relâche scolaire, et peut-être les tout-petits y trouveront-ils leur compte, encore que le contexte de l’Occupation leur soit moins familier qu’aux enfants français.

 

Les bons sentiments sont au poste, bien sûr. Place au délicieux orphelin (Félix Bossuet, mignon à souhait et bon acteur) recueilli jadis par un berger (Tchéky Karyo, qui en fait des tonnes en ivrogne au coeur d’or). Le garçon ne va pas à l’école mais joue dans les Alpes, malgré tous les dangers, où il se lie d’amitié avec un chien des Pyrénées évadé de son chenil, une chienne en fait, Belle, soupçonnée d’égorger les moutons, traquée par les villageois qui l’appellent la Bête.

 

Le village de montagne (authentique) est fort joli et les paysages sont superbes, quant aux gambades des deux amis, elles sont pleines de charme. Mais fallait-il que la bête, après traversée d’une rivière, en sorte à ce point blanchie et javellisée ? Dans ce thriller de la Résistance, alors que le beau médecin (Dimitri Storoge) et la rousse Angelina (Margaux Chatelier, toujours impeccable et bien coiffée) aident les Juifs à traverser en Suisse, on rencontrera aussi un nazi amoureux. Le Sébastien de la série d’origine, Mehdi El Glaoui, joue un vilain chasseur, sympathique clin d’oeil.

 

Une battue, une poursuite, des escalades, une avalanche, la quête d’une mère disparue et des complaintes d’amour, le scénario multiplie les rebondissements avec plus ou moins de vraisemblance (le comportement de l’officier allemand laisse perplexe), mais visuellement, Belle et Sébastien est réussi, avec de l’émotion tout plein. Mieux vaut avoir cinq ans, quant au reste…
 

Belle et Sébastien

Réalisation : Nicolas Vanier. Scénario : Fabien Suarez, Juliette Sales, Nicolas Vanier, d’après la série télévisée et le roman de Cécile Aubry. Avec Félix Bossuet, Tchéky Karyo, Margaux Chatelier, Dimitri Storoge, Mehdi El Glaoui. Image : Éric Guichard. Musique : Armand Amar. France, 98 minutes.

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