Par coeur

Fleuve, le texte de Gaston Miron se trouve au centre de la démarche du comédien Alexandre Castonguay qui, au fur et à mesure qu’il l’apprend, le comprend et se comprend.
Photo: Les films du 3 mars Fleuve, le texte de Gaston Miron se trouve au centre de la démarche du comédien Alexandre Castonguay qui, au fur et à mesure qu’il l’apprend, le comprend et se comprend.

Debout au milieu de sa cour, dans le Vieux- Noranda, un jeune homme contemple le vide. Il a l’air suffocant et l’oeil mouillé. On dirait qu’il veut dire quelque chose. Rien ne sort. Tenaillé par un chagrin amoureux, le voilà lancé sur la route, à pied, décidé à apprendre un long poème par coeur. Le gars s’appelle Alexandre, Alex, et le poème, La marche à l’amour.

 

Fleuve, le texte de Gaston Miron se trouve au centre de la démarche du comédien Alexandre Castonguay qui, au fur et à mesure qu’il l’apprend, le comprend et se comprend. À l’instar des sentiments meurtris du protagoniste, La marche à l’amour, d’une écriture dense et imagée, ne livre pas tous ses secrets d’emblée. Au fil des kilomètres parcourus, l’un éclaire l’autre, et vice versa.

 

« Tu te lèves, tu es l’aube dans mes bras / où tu changes comme les saisons / je te prendrai marcheur d’un pays d’haleine / à bout de misères et à bout de démesures / je veux te faire aimer la vie notre vie »

 

Cela, c’est le verbe d’hier qui illumine le présent. Mais il y a aussi les gens. Entre anecdotes révélatrices et sagesse du cru, des quidams sans histoires croisés dans les campings et les villages révèlent qu’ils en ont finalement une, d’histoire. Quoi qu’en dise l’adage, les gens normaux sont exceptionnels.

 

Ainsi en va-t-il dans l’essai documentaire Alex marche à l’amour, de Dominic Leclerc, une oeuvre dénuée de prétention, mais paradoxalement riche d’enseignements. Et ainsi en va-t-il d’Alex, que l’on retrouve ultimement dans sa cour, prêt à déclamer. Prêt à respirer.

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