Primeurs et échanges aux Rendez-vous du cinéma québécois

Les 32es RVCQ ouvriront avec le plus récent film de Podz, Miraculum, mettant en vedette Marilyn Castonguay, entre autres. Les deux étaient présents pour le dévoilement de la programmation, en compagnie du porte-parole Antoine Bertrand, mercredi à Montréal.
Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir Les 32es RVCQ ouvriront avec le plus récent film de Podz, Miraculum, mettant en vedette Marilyn Castonguay, entre autres. Les deux étaient présents pour le dévoilement de la programmation, en compagnie du porte-parole Antoine Bertrand, mercredi à Montréal.

Il n’a pas la langue de bois, le comédien Antoine Bertrand. Porte-parole des 32es Rendez-vous du cinéma québécois, l’interprète de Louis Cyr, au lieu de ronronner mercredi le discours rassurant d’une industrie pétante de santé, s’inquiétait de la faible audience en salles du cinéma québécois pour 2013 : « 5,6 %, je le prends personnel, disait-il. On ne peut pas faire l’autruche. C’est le temps des coups de pied au cul. Car ce n’est pas juste de la faute du public, de la nôtre aussi. Il est important de faire notre examen de conscience. »

 

Voilà qui est dit. Très jolie affiche cette année, à propos, avec photos des deux visages forts de 2013 au grand écran : Sophie Desmarais et Antoine Bertrand.

 

Les 32es Rendez-vous, sous l’égide de Québec Cinéma dirigé par Ségolène Roederer, présentaient mercredi leur programmation du 20 février au 1er mars. On le sait, la manifestation qui étend ses tentacules à travers le centre-ville de Montréal propose plusieurs volets. Récapitulatif des longs métrages importants de l’année écoulée (c’est le temps de rattraper ceux qui vous ont échappé, ou de revoir vos coups de coeur). Surtout, de plus en plus de primeurs, nerf de la guerre. Elles sont au nombre de 97 sur les 320films présentés, tous formats confondus.

 

Certaines d’entre elles sont très attendues. D’abord le film d’ouverture : Miraculum de Podz (derrière Les 7 jours du Talion), film choral mettant en scène Anne Dorval, Xavier Dolan, Claude Legault, Marilyn Castonguay. Autres primeurs importantes : 3 histoires d’Indiens de Robert Morin, après son lancement à Berlin, parcours de quatre jeunes autochtones en quatre saisons, Bunker de Patrick Boivin et Olivier Roberge, avec Martin Dubreuil et Patrice Robitaille, traquant l’angoisse de deux soldats en huis clos ayant accès à l’arme de destruction massive.Aussi, L’ange gardien de Jean-Sébastien Lord, avec Guy Nadon, Marilyn Castonguay, Patrick Hivon, film d’acteurs abordant la conscience et la responsabilité. Que ta joie demeure de Denis Côté (lancé d’abord à Berlin), dans le registre expérimental de Carcasses, scrute les rapports de l’homme avec ses outils de travail. Dominique Dugas, le directeur des Rendez-vous, dit grand bien du film de clôture, le documentaire Miron : un homme revenu d’en dehors du monde de Simon Beaulieu, une oeuvre expérimentale formée de documents d’archives, sur la poésie et le projet national du génial auteur de L’homme rapaillé.

 

À surveiller aussi les nombreux programmes de courts métrages. Parmi ceux-ci : La coupe de Geneviève Dulude-Decelles, primé à Sundance.

 

Des hommages seront rendus aux grands disparus de l’année : Arthur Lamothe, Michel Brault. La bien vivante Micheline Lanctôt reçoit de son côté un coup de chapeau pour célébrer les 30 ans de son magnifique Sonatine (Lion d’argent à Venise), avec la toute première apparition à l’écran de Pascale Bussières adolescente, aux côtés de Marcia Pilote.

 

Les rendez-vous accueilleront 400 invités de tous poils : acteurs, cinéastes, artistes, etc., à la rencontre du public. Aux Rendez-vous 5 à 7 au Bistro SAQ de la Cinémathèque, animés par Marie-Louise Arsenault, des thématiques comme « Le court métrage dans tous ses états », « Où s’en va le cinéma numérique ? » « Pourquoi s’autoproduire ? », « Prix collégial du cinéma québécois, le prélude au 1987 de Ricardo Trogi ». Lors de la Nuit blanche du 1er mars, 23 h, rue Emery, une projection extérieure d’Elvis Gratton : le king des kings ouvrira sur un happening mis en scène par Louis Tremblay.

 

Pour la première fois cette année, le festival offrira une programmation quatre écrans, en salle, mais aussi avec volets à la télévision, sur Internet et sur plateformes mobiles.

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