Prenez rendez-vous

Dans <em>La grande beauté</em>, Paolo Sorrentino décrit les tourments d’un écrivain à la vie mondaine.
Photo: Métropole Films Dans La grande beauté, Paolo Sorrentino décrit les tourments d’un écrivain à la vie mondaine.

Depuis près d’un an, on ne compte plus les changements de date de sortie du dernier film de Costa-Gavras, Le capital. Cette situation témoigne d’une foule de problèmes, allant de la frilosité de certains distributeurs au manque de moyens des autres, tous se battant pour un nombre limité d’écrans, à Montréal comme ailleurs. Le capital sortira finalement le 31 janvier prochain et, d’ici là, d’autres rendez-vous sont à planifier : à vous d’être souple sur les dates !



Le capital de Costa-Gavras



Le rendez-vous salace

 

Les médias ont beaucoup disserté sur la sexualité cet automne, merci à Abdellatif Kechiche pour La vie d’Adèle. L’hiver promet d’être aussi chaud avec l’arrivée du dernier Lars von Trier, Nymphomaniac (mars), dont les premières images sulfureuses ont enflammé la Toile. Depuis Antichrist, on connaissait déjà tout de l’anatomie de Charlotte Gainsbourg, prête à satisfaire encore les délires de ce Danois qui sait maintenant qu’à Cannes, les sympathies nazies restent à la maison.



Nymphomaniac de Lars von Trier




Le rendez-vous politique

 

Le cinéma de Bertrand Tavernier est souvent ancré dans l’air du temps et ses indignations du moment (L’appât, L.627). Dans Quai d’Orsay (mars), il égratigne la vanité des politiciens, inspiré par les bandes dessinées d’Abel Lanzac, de son vrai nom Antonin Baudry, ancien conseiller de Dominique de Villepin. À l’écran, Thierry Lhermitte devient un ministre rarement étouffé par le doute, et encore moins par la compétence.

 


Quai d'Orsay de Bertrand Tavernier



Les rendez-vous littéraires

 

Bien qu’ils soient écrivains, Daniel Pennac et Lars Kepler (nom de plume d’un couple d’auteurs suédois) ont peu en commun, mais leurs admirateurs voudront jeter un oeil sur le passage d’un de leurs romans au cinéma. Nicolas Bary, un jeune cinéaste, s’attaque Au bonheur des ogres (février), un des premiers succès de l’auteur de La fée carabine, tandis qu’un vieux routier d’Hollywood rentré dans ses terres, Lasse Hallström, retrouve le froid scandinave avec L’hypnotiseur (février). Même sa conjointe, l’actrice Lena Olin, a décidé de le suivre.

 

Au bonheur des ogres de Nicolas Bary



L'hypnotiseur de Lasse Hallström




Le rendez-vous mélancolique

 

L’idée de départ était amusante dans La vie est un long fleuve tranquille : deux poupons échangés par erreur et élevés chacun par la famille de l’autre. Comptez sur le cinéaste japonais Hirokazu Koreeda (Nobody Knows, Still Walking) pour plus de douceur sur le même thème dans Tel père, tel fils (mars), auréolé de multiples prix, dont celui du jury à Cannes.

 

Tel père, tel fils de Hirokazy Koreeda



Le rendez-vous élégant

 

Les qualificatifs sont nombreux pour décrire le cinéma d’Emmanuel Mouret (Un baiser, s’il vous plaît) et parmi eux, l’élégance. Ce croisement entre Éric Rohmer et Woody Allen opte cette fois pour un ton plus grave dans Une autre vie (mars), même s’il explore de nouveau les aléas des triangles amoureux. Virginie Ledoyen reprend du service aux côtés d’un nouveau venu dans son univers, le rappeur Joey Starr (Polisse).

 

Une autre vie d'Emmanuel Mouret



Les rendez-vous rigolos

 

Ces deux-là nous font rire depuis longtemps et, même s’ils peuvent parfois nous décevoir, chaque fois, nous pardonnons à Valérie Lemercier et à Albert Dupontel. La première devient mère adoptive et garde ses réflexes d’accro au shopping dans son 100 % cachemire (janvier), tandis qu’Albert Dupontel, lui aussi devant et derrière la caméra, semble un mauvais géniteur pour accompagner une Sandrine Kiberlain hystérique dans 9 mois ferme (mars).

 

100% cachemire de Valérie Lemercier
 

9 mois ferme d'Albert Dupontel



Les rendez-vous essentiels

 

Il y a de ces cinéastes dont chaque film constitue une borne essentielle pour une belle année cinéphilique. Il faut donc mettre le cap sur Jimmy P. (février), d’Arnaud Desplechin (Un conte de Noël), retrouvant son acteur fétiche, Mathieu Amalric. Même empressement à découvrir le nouveau film du grand cinéaste italien du moment, Paolo Sorrentino (Il Divo), qui décrit les tourments d’un écrivain dont la vie mondaine n’a rien à envier à celle de Françoise Sagan autrefois dans La grande beauté (janvier). Et même si les réactions sont mitigées, rien ne devrait vous faire rater Le passé (février), de l’Iranien Asghar Farhadi (Une séparation), dirigeant si bien Bérénice Bejo qu’elle est repartie de Cannes avec un prix d’interprétation. Pour sa performance, ça mérite de prendre rendez-vous.


Jimmy P. d'Arnaud Desplechin


 

La grande beauté de Paolo Sorrentino



Le passé de Asghar Farhadi
 

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