Une touche féminine au milieu des artifices

Dans ce nouveau volet, Bilbon le Hobbit et ses amis nains partent en quête d’une pierre magique gardée par le dragon Smaug et devront traverser des épreuves, des Orcs à certains elfes hostiles.
Photo: Warner Bros. Dans ce nouveau volet, Bilbon le Hobbit et ses amis nains partent en quête d’une pierre magique gardée par le dragon Smaug et devront traverser des épreuves, des Orcs à certains elfes hostiles.

On se souvient que le roman Le Hobbit de J.R.R. Tolkien, précédant la complexe trilogie du Seigneur des anneaux, était destiné à un lectorat enfantin. Il mettait la table pour la configuration de la Terre du Milieu, créait des peuples, une géographie et des langues collés à l’univers celtique, sans posséder l’ampleur de la saga future. De plus, aucune figure féminine, même secondaire, n’y apparaissait, affaiblissant le portrait d’ensemble. Univers guerrier et pure testostérone, c’était à se demander comment tout ce beau monde se reproduisait. On comprend que Peter Jackson ait voulu y faire figurer quelques gracieuses elfes, pour la touche d’élégance et de féminité.

 

Déjà, dans le premier volet du Hobbit, Cate Blanchett, émergeant de la trilogie, avait droit à quelques scènes gracieuses en elfe Galadriel. Cette fois, Evangeline Lilly hérite du rôle imaginaire plus consistant de Tauriel, elfe rebelle qui combat aux côtés de l’armée de Bilbon. Et si les fans de Tolkien crient à l’hérésie et à la dénaturation du roman original, force est de constater qu’elle apporte une touche de charme là où Tolkien avait trop vite évacué la partie femelle de son territoire guerrier.

 

Mais les versions cinématographiques de The Hobbit, surtout étirées sur trois films (on découvrira le dernier l’an prochain), souffrent du peu de substance du livre à sa base, ajouts ou pas. Et la trilogie du Seigneur des anneaux avait atteint des sommets technologiques. The Hobbit 1 et 2 souffrent de la comparaison. Ce qui n’empêche pas le succès de salle, bien entendu.

 

Ici, Bilbon le Hobbit (toujours bien joué par Martin Freeman) et ses amis nains ont désormais à leur tête l’héritier de la couronne des nabots, Thorin (Richard Armitage, doté de beaucoup de présence). Ils partent en quête d’une pierre magique gardée par le dragon Smaug et devront auparavant traverser des épreuves : attaques des affreux Orcs, des terribles araignées, et même des elfes parfois hostiles. Mais une elfe qui n’a pas froid aux yeux, Tauriel donc, les aidera dans leur mission. Bien sûr, surtout en 3D, les images sont souvent spectaculaires, mais les véritables prouesses de Jackson étaient dans la trilogie.

 

Mieux construit que le mauvais volet précédent, The Desolation of Smaug comporte moins de scènes de batailles en redites, le film respire davantage et les créatures, les nains surtout, ont cessé d’être logées au même magma, pour atteindre une certaine individualité. Par ailleurs, le beau dragon Smaug, glissant sur les trésors de son antre ou crachant du feu sur ceux qui osent le braver, dégage le charme diabolique de l’emploi. Les nouveaux venus Thorin et Tauriel confèrent à l’ensemble un dynamisme, avec ombre de romance, et contribuent aux rebondissements dramatiques.

 

Mais pour la première fois en cinq films, on voit les ficelles. L’échelle de taille des personnages : nains, semi-nains, grands, géants, etc., souffre d’un montage boiteux, qui rend ces différences de hauteur non crédibles. Et même si le film a été tourné comme les précédents en Nouvelle-Zélande, avec les paysages magnifiques, tout en forêts et en montagnes, l’apport des images numériques paraît plus élevé que d’habitude, ce qui confère une certaine artificialité à cette Terre du Milieu qu’on a connue plus réaliste dans sa pure fantaisie.
 

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