Remonter la pente

Le film suit le parcours entêté du miraculé Kevin Pearce.
Photo: phase4films Le film suit le parcours entêté du miraculé Kevin Pearce.

À l’approche des Jeux olympiques d’hiver de 2010, l’Américain Kevin Pearce partait favori dans l’épreuve de planche à neige. Puis, à moins de deux mois de l’événement, la tragédie frappa. Une mauvaise chute, la tête qui frappe la neige glacée : la vie du planchiste de 22 ans ne tient qu’à un fil. Crash Reel relate la lente réadaptation de ce miraculé, et le calvaire par lequel passa sa famille.

 

Ce sont d’ailleurs ces passages-là, auprès de la mère, du père et des frères, surtout le benjamin David, atteint de Trisomie 21, qui suscitent le plus d’émotion. Ce dernier, en particulier, est celui qui exprime le mieux les angoisses de la famille devant l’éventualité que Kevin remonte sur sa planche, ce qu’il compte faire en dépit du fait qu’une seconde commotion, même mineure, lui serait probablement fatale. Car il est entêté, le miraculé. Douloureux, le parcours psychologique du déni jusqu’à l’acceptation s’avère éminemment inspirant.

 

Il s’agit là des forces inhérentes au sujet. Hélas, la pourtant très expérimentée documentariste britannique Lucy Walker (Le terrain de jeu du diable, Waste Land) trouve le moyen de diluer leur impact en s’égarant dans des avenues secondaires, certaines pour le moins douteuses. On pense à ces passages insistants voués, essentiellement, à dénigrer un concurrent, Shaun White pour ne pas le nommer. D’abord révélateurs et touchants, les témoignages d’amis planchistes finissent quant à eux par devenir redondants faute d’un montage plus rigoureux.

 

Poignante, la dernière partie focalisée exclusivement sur la famille ne fait qu’exacerber cette impression.
 

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