Bilan de Téléfilm Canada - Mieux promouvoir les films canadiens

Michel Roy, président du conseil d’administration de Téléfilm
Photo: Téléfilm Canada Michel Roy, président du conseil d’administration de Téléfilm

Téléfilm Canada dévoilait mercredi au Centre PHI les faits saillants des programmes 2012-2013 dans la foulée de la publication de son rapport annuel, ainsi que ses visées à plus long terme. Continuer à financer les productions audiovisuelles, tout en tâchant d’accroître les auditoires ici et ailleurs devant nos oeuvres, varier le contenu et le rendre accessible sur toutes plateformes, participent à l’ensemble des visées.

 

Lors de l’exercice 2012-2013, Téléfilm a appuyé 72 longs métrages. « 2012-2013 est l’année où la production de films au Canada a été la plus élevée en dix ans, s’établissant à 381 millions », précisait le président du conseil d’administration de Téléfilm, Michel Roy.

 

À ses yeux, le recentrage des programmes a probablement constitué le plus gros chantier de l’année. Il y eut une plus grande diversité de projets, avec davantage de pouvoir décisionnel apporté aux producteurs, de nouveaux partenariats, par le mentorat entre autres, une promotion accrue. Un programme de production à microbudget fut mis sur pied pour encourager l’émergence de nouveaux réalisateurs et producteurs. La directrice générale de Téléfilm, Carolle Brabant, dit attendre avec impatience le lancement dans les médias numériques des huit films financés dans ce cadre.

 

On sait que Téléfilm, conformément au budget fédéral de 2012, devait réaliser des économies de 10,6 millions en réduisant sur trois ans 10 % de son budget et de ses activités administratives. L’institution fédérale dut donc naviguer avec moins d’argent d’État et un plus grand apport du privé. « Malgré un contexte exigeant, nous avons réussi à diminuer nos frais d’administration, qui sont passés de 6,3 % à 5,8 % par rapport à l’exercice précédent, se félicitait Michel Roy, avec des économies administratives de 2,5 millions, réinvesties dans des programmes, surtout au développement. »

 

L’année 2012-2013 ne fut pas un mauvais cru sur la scène internationale avec 60 mentions et prix. Par ailleurs, des cinéastes canadiens comme Denis Villeneuve, Ken Scott, Jean-Marc Vallée, Philippe Falardeau, etc. percent le marché américain. Les dirigeants de Téléfilm se félicitent de cette vogue hors frontière, mais souhaitent que les cinéastes et leurs films soient davantage prophètes en leur pays. « Plus le public entendra parler des films canadiens, plus il en sera question dans les médias et dans les médias sociaux, et plus on en offrira en salle, à la télévision, sur les tablettes et sur les portables », estime Carolle Brabant.

 

Évacuant l’aspect déprimant des parts de marché du film canadien sur son territoire, qui n’excèdent jamais 2 %, Téléfilm a changé son mode de calcul des recettes aux guichets. « Les films canadiens ont obtenu une part de 10 % au marché national indépendant, ce qui représente des recettes de plus de 26 millions de dollars aux guichets », précise Michel Roy. Ce qui exclut les films produits par les studios américains et brouille les repères.

 

« Je me réjouis que sept entrepreneurs émérites aient accepté de faire partie du comité-conseil du Fonds des talents de Téléfilm, a poursuivi Carolle Brabant, un nouveau fonds de dons privés. »Entre autres, La maison Birks s’est associée à Téléfilm lors de grands festivals. Cette année, l’institution, à des fins promotionnelles, s’était alliée à Doritos, invitant les jeunes à créer une publicité pour ce produit, ce qui avait soulevé des questions éthiques.

 

En ces domaines, rien n’est simple, et tout change.

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