La première période

La recette demeure toutefois la même puisque Stan, Bob, Fern, Marcel et les autres forment déjà une équipe de hockey pas très douée, sérieusement en danger dans le cadre d’un tournoi d’envergure paroissiale face à des rivaux plus solides.
Photo: Films Séville La recette demeure toutefois la même puisque Stan, Bob, Fern, Marcel et les autres forment déjà une équipe de hockey pas très douée, sérieusement en danger dans le cadre d’un tournoi d’envergure paroissiale face à des rivaux plus solides.

On ne compte plus les coups de patins et les levées de coude depuis l’arrivée des Boys dans le paysage québécois en 1997. Cette idée d’allier amitié masculine et hockey plus ou moins viril allait donner lieu à un véritable phénomène que le producteur Richard Goudreau a décliné plusieurs fois par la suite, au cinéma puis à la télévision.

 

Dans ce contexte, il n’est pas étonnant que des signes d’usure apparaissent, d’où le coup de jeunesse que représente Il était une fois les Boys, cinquième long métrage signé par Goudreau, le créateur de la série maintenant en plein contrôle de cet univers. À quoi ressemblait l’adolescence des Boys ? Nous les retrouvons, reconnaissables malgré tout, dans les années 1960 et en pleine période des Fêtes, le cinéaste usant des beautés hivernales et du bric-à-brac de circonstance pour faire du film un potentiel classique de Noël.

 

La recette demeure toutefois la même puisque Stan, Bob, Fern, Marcel et les autres forment déjà une équipe de hockey pas très douée, sérieusement en danger dans le cadre d’un tournoi d’envergure paroissiale face à des rivaux plus solides. L’arrivée tonitruante du bagarreur Méo (Maxime Desjardins-Tremblay, prenant du galon depuis Le ring) va insuffler une énergie nouvelle au groupe, même si ses talents sportifs sont limités. Or, ce n’est pas le seul ingrédient qui va donner au groupe sa cohésion. L’époque affiche des bouleversements déjà visibles, incarnés par des adultes plus ou moins vertueux, rongés par le consumérisme, la rancoeur, la vantardise ou le despotisme, teintant la vie et les valeurs de ses ados rêvant de la coupe Stanley… ou de filles.

 

Un charme évident se dégage de cette alliance entre ces jeunes personnages et leur reflet vieillissant. Ceux qui ont fait le succès de la série depuis ses débuts retrouvent leur semblable (émouvant Marc Messier) ou deviennent des adultes aux allures de mentor, comme le font avec brio Pierre Lebeau et Rémy Girard, ni Méo ni Stan pour l’occasion.

 

Farci de souvenirs personnels de son auteur, le scénario fait la belle part à l’émotion et au mélodrame, des denrées rares dans l’univers des Boys. Les incidents de gravité variable, certains assez percutants, représentent une véritable surprise, et parfois même une bonne, dans ce temple pas toujours renommé pour sa subtilité. Car celle-ci étouffe rarement les personnages, comme on a pu le constater depuis maintenant 15 ans.

 

Ces héros sans envergure mais pas dépourvus d’humanité se révèlent plus fragiles, mais cette maturité nouvelle neutralise un humour rarement efficace, moins potache que d’habitude, moins efficace surtout. Les premiers films assumaient fièrement leur aspect caricatural, ce qui n’est pas le cas ici. Les blagues tombent souvent à plat, livrées par de jeunes interprètes qui sont loin de tous posséder le sens comique redoutable de leurs aînés. Entre son ambition affichée de faire rire et une volonté manifeste d’émouvoir, Il était une fois les Boys offre au final un match nul.



 

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