Ken Scott, deux fois papa de David Wozniak

Pour le remake de Starbuck, tourné aux États-Unis, le réalisateur Ken Scott voulait s’entourer d’une équipe croyant au projet.
Photo: Disney Pictures Pour le remake de Starbuck, tourné aux États-Unis, le réalisateur Ken Scott voulait s’entourer d’une équipe croyant au projet.

Décidément, Hollywood n’en finit plus d’ouvrir ses bras aux cinéastes québécois. Mais rares sont ceux qui, comme Ken Scott, réalisent un remake de leur propre film. Coup double aussi pour le producteur André Rouleau, de nouveau à sa barre. Delivery Man, le Starbuck américain, prendra l’affiche vendredi prochain, au cours du congé de Thanksgiving, qui fait le plein de spectateurs aux États-Unis.

 

On parle d’une sortie d’envergure à travers tout le territoire. Vince Vaughn (Into the Wild, The Break-Up) tient le rôle de David Wozniak, jadis dévolu à Patrick Huard. Et Ken Scott se dit ravi de sa distribution. Chris Pratt joue l’ami avocat et Cobie Smulders, la copine du héros. Un seul acteur a participé aux deux films : Sébastien René, en rejeton handicapé de Wozniak, rôle d’ailleurs muet.

 

Sortie en juillet 2011, la comédie Starbuck de Ken Scott, dont il avait écrit le scénario avec Martin Petit, avait remporté un franc succès au Québec et à l’étranger. Sélectionné au Festival de Toronto, le film avait été vu par plusieurs délégués des studios. Et les offres de remakes se faisaient nombreuses pour cette histoire de donneur de sperme qui se retrouve géniteur de 533 enfants, désireux de le rencontrer. Deux adaptations de Starbuck existent déjà : Vicky Donor de Shoojit Sircar, production de Bollywood, et Fonzy de la Française Isabelle Sobaval.

 

« Nous étions courtisés pour un remake américain, explique Ken Scott, mais on voulait que Starbuck fasse sa carrière au Québec, au Canada et à travers le monde [il a été vendu dans 25 pays] avant sa version américaine. Comme on tenait à faire le film nous-mêmes. Si souvent, il a été question de projets de remakes qui sont tombés à l’eau. Je trouvais important de m’entourer de partenaires qui croyaient vraiment au projet. » Une réunion avec les gens de DreamWorks, Steven Spielberg et compagnie, qui allaient porter avec eux Delivery Man, fut déterminante.

 

Quand on parle du fameux final cut, droit de montage final, rarement obtenu aux États-Unis, Ken Scott précise que la question ne s’est pas posée avec l’équipe de Spielberg. « Ils sont « directors friendly ». »

 

On se souvient que Ken Scott, pour diriger Delivery Man, avait dû abandonner la barre d’un autre remake, celui de La grande séduction dont il avait signé le scénario original, soulevant un conflit avec le producteur Roger Frappier de Max Films. « Mais The Grand Seduction devait être tourné un an plus tôt. J’ai eu par la suite un conflit d’horaire », répond-il.

 

Québécois élevé dans les deux langues (anglophone à la base), humoriste et scénariste, il dit adorer la comédie. « Je voulais raconter l’histoire de Starbuck de la même façon en anglais, sans traduire le scénario. Les gens s’imaginent que réaliser un remake est plus facile que de faire un film original. Le croire est un piège. Tout est à faire. Il faut traiter la production comme un nouveau film, sans la comparer à l’original. Quoique, finalement, on se soit retrouvés avec un film d’une structure semblable à celle de Starbuck. »

 

Si Delivery Man semble nappé de plus de musique que la version québécoise, le réalisateur affirme ne pas l’avoir fait consciemment dans le but de plaire au public américain.

 

Ken Scott n’en a pas fini avec Hollywood. Il tourne Business Trip avec Vince Vaughn et Dave Franco, une comédie sur un voyage d’affaires qui tourne mal. C’est d’ailleurs Vince Vaughn, ravi de sa collaboration avec Scott sur Delivery Man, qui a suggéré le nom du cinéaste québécois pour prendre la barre de ce film. « Alors oui, Delivery Man aété pour moi une porte sur l’Amérique », constate Ken Scott.