Thor dû

L’acteur d’origine australienne Chris Hemsworth incarne Thor.
Photo: Walt Disney Pictures L’acteur d’origine australienne Chris Hemsworth incarne Thor.

Kenneth Branagh avait donné le ton avec le premier épisode de cette série inspirée des comic books de Marvel. Le ton en question? Badin sur la Terre et élisabéthain dans le royaume Asgard, avec Thor (Chris Hemsworth), un grand et viril Viking faisant la navette entre les deux, question de les rapprocher jusqu’au baiser. Chose promise, chose due, Thor 2 reproduit la géographie (et le baiser) du miracle premier, cette fois sous la capitainerie d’Alan Taylor, remarqué pour son travail assez exceptionnel sur Game of Thrones.

 

Sens inverse

 

Le cinéaste est en pays de connaissance. Tout comme la série de HBO qu’il a pilotée, Thor - The Dark World nous propulse dans un monde inventé, produit d’un dense amalgame d’influences et de références, depuis la Genèse (Caen et Abel) jusqu’au Grand Will, en passant par les légendes scandinaves et arthuriennes. Sur le plan de l’univers créé, le film, comme la série, est un miracle de fluidité et de cohérence. À l’inverse de celui de la série (j’arrête ici la comparaison), le monde de Thor est d’une relative simplicité, en dépit des efforts déployés par les scénaristes pour lui conférer l’apparence de la complexité et de la profondeur.

 

Thor a eu raison de son propre orgueil, ainsi que des réserves de son père, le roi Odin (Anthony Hopkins). Sur les conseils de son épouse (la trop rare Rene Russo), celui-ci se prépare à lui céder son trône, après avoir jeté derrière les barreaux son mauvais fils, Loki, joué par Tom Hiddleston, la révélation du film précédent, la vraie star de celui-ci et l’absent déjà regretté du prochain. Une antimatière découverte derrière un portail entre les mondes par l’astrophysicienne Jane (Natalie Portman en vacances) force Thor à voler à son secours, marteau en main, pour la protéger de l’assaut d’une civilisation des ténèbres qui a besoin de ladite antimatière pour plonger l’univers dans l’obscurité éternelle.

 

L’intrigue est connue et, telle que montée sur des ressorts à moitié éventés, tire le film, plus qu’elle ne le propulse, jusqu’à son savoureux dénouement. De fait, Thor - The Dark World tient moins du tour de manège (formule habituelle du blockbuster) que de la galerie. Ou, mieux, du livre d’images. Un peu monotone, très bien fait, dont on pourrait tourner les pages dans le sens inverse sans que rien nous échappe.

 

 

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