François Girard tourne avec Dustin Hoffman et Kathy Bates

«Je reviens au cinéma avec le feu sacré et des expériences à l’opéra et au cirque que je mettrai à contribution», raconte le cinéaste François Girard.
Photo: Source Rugicomm «Je reviens au cinéma avec le feu sacré et des expériences à l’opéra et au cirque que je mettrai à contribution», raconte le cinéaste François Girard.

Pour un retour au cinéma, c’en est un de taille. François Girard, cinéaste québécois de Trente-deux films brefs sur Glenn Gould, Le violon rouge et Soie, n’avait pas tourné de film depuis sept ans. Or donc, sa production américaine Boychoir, sur un scénario de Ben Ripley, mettra en scène Dustin Hoffman, Alfred Molina (qu’il avait dirigé dans Soie) et Kathy Bates.

 

« Je connaissais Dustin Hoffman depuis dix ans, explique François Girard. On s’était rencontrés sur un projet d’adaptation de la série télé Singing Detective, qui a avorté. Nous étions demeurés en bons termes. Quand il s’investit dans un film, les autres embarquent aussi. »

 

Au Connecticut et à New York, le tournage débutera en février prochain. Nicolas Bolduc sera directeur photo. On retrouvera au son Claude Lahaie, avec une partie de l’équipe de postproduction également québécoise. « Le film sera terminé à l’automne. »

 

Boychoir raconte l’histoire de Set, un enfant de 11 ans plein de colère, sans fortune et mal parti, qui atterrit à la célèbre chorale pour garçons l’American Boychoir School à Princetown, dans le New Jersey. Le chef de choeur (Dustin Hoffman) lui trouve du talent et entreprend de le pousser. Alfred Molina incarnera un professeur de l’école et Kathy Bates, la directrice. L’American Boychoir School sera mise à contribution.

 

L’interprète du jeune Set n’est pas encore trouvé et des auditions à l’échelle internationale sont en cours.

 

Le producteur américain Informant Media, qui avait produit le remarquable Crazy Heart de Scott Cooper, avec Jeff Bridges, soutient le projet. « Ils m’avaient proposé un autre film, mais je suis tombé sur le scénario très touchant de Ben Ripley [derrière Source Code] qui n’a rien à voir avec ses films de science-fiction et j’ai voulu le réaliser », précise le cinéaste.

 

Il n’a pas 25 millions de budget comme pour Soie. « Boychoir est un film indépendant de 9 millions environ, mais très inspirant. »

 

Embankment Films s’occupera des ventes internationales.

 

Il ne s’agit en rien pour François Girard d’un premier film anglophone, puisque Thirty-Two Short Films About Glenn Gould, sorti en 1993, primé et acclamé partout, avait été tourné dans la langue du célèbre pianiste torontois. Le violon rouge (1998) était en cinq langues ; français, anglais, allemand, italien, mandarin. Silk (2007), d’après le roman d’Alessandro Baricco, cumulait l’anglais, l’italien, le japonais et le français. « Mais c’est ma première production entièrement américaine. »

 

François Girard, né en 1963, fils du Lac-Saint-Jean, artiste ultrapolyvalent et mélomane, aurait voulu tourner davantage, mais trois projets de films s’étaient écroulés les uns après les autres, pour cause de cataclysmes divers. Il s’était surtout consacré ces dernières années à des mises en scène de théâtre et d’opéra : Parsifal de Wagner au MET de New York et à l’Opéra de Lyon, Zed et Zarkana au Cirque du Soleil, Le fusil de chasse d’Inoué à Montréal et au Japon, Novecento au Théâtre de Quat’Sous, etc.

 

« Je reviens au cinéma avec le feu sacré et des expériences à l’opéra et au cirque que je mettrai à contribution », dit-il.

 

Chose certaine, les États-Unis n’ont qu’à bien se tenir avec la ruée des cinéastes québécois sur son territoire. Après Prisoners de Denis Villeneuve, Dallas Buyers Club de Jean-Marc Vallée, bientôt The Good Lie de Philippe Falardeau. Ajoutez la comédie Delivery Man que Ken Scott a adaptée de son Starbuck, attendue le 22 novembre sur nos écrans.

 

« Ça prouve que le cinéma québécois a permis à plein de talents de se développer », estime François Girard, qui rêve aussi de porter à l’écran les scénarios québécois qu’il garde dans sa manche.

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