«Les Revenants» arrive au FNC

Le producteur Jimmy Desmarais et l’acteur Pierre Perrier sont de passage à Montréal dans le cadre du Festival du nouveau cinéma pour présenter la télésérie française Les revenants.
Photo: Pedro Ruiz - Le Devoir Le producteur Jimmy Desmarais et l’acteur Pierre Perrier sont de passage à Montréal dans le cadre du Festival du nouveau cinéma pour présenter la télésérie française Les revenants.

Ils sont partout, au cinéma, à la télévision. Ils existent depuis des lustres, tantôt victimes d’un envoûtement, tantôt ranimés par un virus. Maraudant les campagnes dans un état de décomposition avancée ou errant dans les villes tels des spectres de chair, les morts-vivants n’ont jamais été aussi populaires. Après avoir laissé le champ libre aux Anglo-Saxons, voilà que les Français s’invitent au bal de l’horreur. Énorme succès dans l’Hexagone, la série télévisée Les revenants vient hanter ce jeudi les écrans du Festival du nouveau cinéma.

Campée dans une petite ville anonyme (littéralement) en montagne, l’intrigue entremêle les destins d’une poignée de vivants dont les chers disparus réapparaissent du jour au lendemain, ces derniers hébétés et incapables de se souvenir des circonstances de leur trépas. Pierre Perrier interprète l’un d’eux.

« C’est très stimulant pour un acteur de travailler à partir de ce postulat, assure l’acteur. Les revenants ne savent pas d’où ils arrivent. Tout ce qu’ils savent, c’est que leurs vies ne sont pas ce qu’elles devraient être : leurs proches ont changé ; ils ont évolué en leur absence, une absence justement abstraite pour les revenants qui ont l’impression d’avoir quitté leur foyer la veille alors qu’ils reviennent d’un hier lointain. »

Entre pleurs émus et stupeur coite, l’inquiétante étrangeté s’installe à demeure, avec le péril. Dans une approche « auteuriste » de la narration et de la direction d’acteurs, on opte pour la sobriété là où l’effusion aurait pu prévaloir.

« La série s’inspire du film français du même nom, datant de 2004, rappelle le producteur Jimmy Desmarais. Cette prémisse des morts qui reviennent, utilisée comme prétexte à une réflexion existentielle plus vaste, m’avait fasciné, d’où mon désir de la développer sur la durée. Imaginez : vous êtes là, et soudain, quelqu’un que vous aimiez et qui est mort apparaît devant vous, en chair et en os. Une fois le choc passé, vous faites quoi ? »

Ainsi s’attarde-t-on à des considérations à la fois terre-à-terre (le revenant : la cohabitation) et métaphysiques (le revenant : origines et implications). Point de zombies survitaminés mus par un instinct cannibale, point d’effets sanguinolents. On est ailleurs. Mine de rien, ce n’est pas banal.

Depuis le séminal La nuit des morts-vivants de George Romero, sorti en 1968, puis sa suite, le visionnaire (et satirique) L’aube des morts-vivants, parue dix ans plus tard, le film de zombie procède en effet souvent selon le canevas de la course-poursuite et du huis clos alternés puis répétés. Pour efficace et jubilatoire qu’elle soit, la série américaine à succès The Walking Dead n’en déroge pas.

À l’inverse, Les revenants tourne le dos à la formule. Ce faisant, la série injecte du sang neuf, si l’on peut dire, dans la mythologie du mort-vivant. Les deux premiers épisodes sont présentés au Cinéma du Parc jeudi soir. Entrée libre.

La première saison des Revenants est disponible sur Tou.tv

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