À voir le mardi 15 octobre - Mieux vaut en rire

New York, au cours des années 1950. Howard Prince mène une existence anonyme au possible. Caissier dans un restaurant, il est l’ami d’Alfred Miller, un scénariste qui en arrache depuis qu’il a été mis sur la liste noire du sénateur Joseph McCarthy et son comité sénatorial. Et si Howard, que personne ne connaît et qui du coup ne se trouve pas sur le radar des affaires antiaméricaines, signait les scénarios d’Alfred à sa place, le temps que la tempête passe?

Évidemment, les scénarios en question trouvent preneur auprès d’un gros producteur et de sa non moins grosse vedette, Hecky Brown, qui lui est dans le collimateur des chasseurs de sorcières communistes. La mystification fonctionne tellement bien que rapidement d’autres scénaristes interdits de travail recourent aux services d’Alfred, dont le nom circule. Puis, voilà que la tragédie frappe, et voilà encore qu’Alfred est sommé de témoigner devant le comité.

On prend souvent Le prête-nom pour un film de Woody Allen puisqu’il y joue grosso modo
son rôle habituel de binoclard malchanceux, maladroit, et volontiers enclin aux questionnements existentiels. Or il s’agit plutôt d’une histoire originale signée Walter Bernstein mise en scène par Martin Ritt. Tous deux furent mis sur la liste noire en leur temps, d’où leur capacité à émailler leur comédie de pointes dramatiques, rappels ponctuels que nombre de carrières, et de vies, furent irrémédiablement gâchées par le cirque anticommuniste érigé en religion.

À la fois fort drôle et fort troublant, Le prête-nom permit en outre à Woody Allen (Prince)
de travailler avec Michael Murphy (Miller), à qui il confia un beau rôle dans Manhattan.

À voir en vidéo