En marge du FNC : au coeur de la périphérie

Le 42e Festival du nouveau cinéma (FNC) s’amorce ce mercredi avec la première québécoise de Triptyque. Oeuvre de débrouillardise formelle inspirée, l’opus conjoint de Robert Lepage et Pedro Pires illustre à merveille l’esprit d’inventivité tous azimuts prévalant dans la programmation qui, hormis son dosage savant de films incontournables ou invitant à la découverte, offre aux cinéphiles montréalais une pléthore d’événements parallèles, gratuits de surcroît.

 

Projections commentées. Vous est-il déjà arrivé de revoir un film sur DVD en profitant du supplément « commentaire audio », grâce auquel le cinéaste peut expliquer, au fur et à mesure que progresse le récit, comment son oeuvre a vu le jour ? Le FNC a eu l’idée de procéder au même exercice en direct, et en deux temps. Chloé Robichaud commentera son film Sarah préfère la course (11 octobre à 17 h au pavillon Judith-Jasmin Annexe -ONF), l’histoire d’une étudiante ne vivant que pour sa discipline sportive, et Denis Côté, Vic et Flo ont vu un ours (16 octobre à 17 h au Cinéma du Parc), sur les aventures funestes d’une ex-détenue qui s’est retranchée au fond des bois. Que voilà une belle invitation à plonger dans le processus créatif de deux auteurs singuliers.

 

Rencontre. Un autre rendez-vous avec la création, celui auquel la réalisatrice Claire Simon (Les bureaux de Dieu) convie les spectateurs avant la présentation de son nouveau film, Gare du Nord, un entrelacs de fils narratifs tissés autour de ce lieu iconique. Au menu : deux heures de discussion afin de mettre la table à la projection subséquente (14 octobre à 15 h à Excentris).

 

Projections extérieures. Un classique désormais, la ronde des films présentés en plein air sur l’écran géant de la place des Festivals donnera à voir un assortiment hétéroclite d’oeuvres. Le film-concert Pink Floyd live à Pompeii, d’Adrian Maben, permettra de revoir ou, pourquoi pas, de découvrir le spectacle mythique (10 octobre à 19 h). On ne se lasse pas de Lola, de Jacques Demy, qui, pour ses débuts au cinéma, choisit de raconter les amours compliquées d’une ravissante mère célibataire incarnée par Anouk Aimée, inoubliable (11 octobre à 19 h). Réalisé, magnifiquement, par Jean Epstein d’après un scénario de Luis Buñuel, La chute de la maison Usher demeure l’une des adaptations les plus intoxicantes de Poe. Beauté spectrale, cauchemar poétique (12 octobre à 19 h). Pour qui aime son western nappé de sauce à spaghetti, Le bon, la brute et le truand constitue un classique indémodable (13 octobre à 18 h 30).

 

Hommages. Les chers disparus se sont succédés au cours des derniers mois. Au producteur Jean Dansereau, on doit notamment À soir on fait peur au monde, sur les pérégrinations parisiennes de Robert Charlebois, Mouffe, Louise Forestier, Jean-Pierre Ferland, Bruno Coquatrix, Gilles Vigneault, Marcel Sabourin et Claude Péloquin en 1969, ainsi que Bar Salon, premier film d’André Forcier, racontant avec force gouaille et truculence la faillite inexorable dudit établissement (10 octobre à 17 h à Excentris). On reverra avec émotion le moyen métrage Une chapelle blanche, dans lequel Hélène Loiselle interprète, tout en subtilité, tout en grâce, une vieille dame en proie à la nostalgie (11 octobre à 17 h 30 à Excentris). Prix de la mise en scène à Cannes en 1975, Les ordres, un retour percutant sur la Crise d’octobre, viendra rappeler le génie technique et humain du cinéaste Michel Brault (12 octobre à 21 h 30 à l’Impérial). Enfin, Un homme et son boss, Bûcherons de la Manouane et Le train du Labrabor donneront un aperçu de l’oeuvre foisonnante d’Arthur Lamothe, oeil témoin, regard libre (20 octobre à 13 h à Excentris).

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