Lumière silencieuse

Empreint d’une mélancolie contrebalancée par une force de vie inspirante, La tête en l’air distille une chaleur rare, mais douce.
Photo: AZ Films Empreint d’une mélancolie contrebalancée par une force de vie inspirante, La tête en l’air distille une chaleur rare, mais douce.

Emilio vient d’être placé dans un foyer pour personnes âgées. Son fils n’en pouvait plus de ses accès de sénilité, sporadiques mais déstabilisants. Dans ce nouvel environnement où tout et tous lui sont inconnus, le vieil homme cherche de nouveaux repères, de nouveaux amis. Ce qu’il trouvera, de même que quelque chose s’apparentant à un second souffle.

 

Mais voilà qu’un diagnostic tombe ; un mot, terrible : alzheimer. À la perspective de se retrouver dans le secteur dévolu aux cas lourds, Emilio craint le pire. C’est sans compter l’intervention de ses compagnons du bel âge, pleins de ressources.

 

Un film d’animation espagnol, La tête en l’air déroule son fil narratif délicat avec une sensibilité et une tendresse infinies. Que de beauté simple, que de grâce discrète dans le graphisme épuré d’Ignacio Ferreras.

 

Dès la première scène, on déjoue les attentes du spectateur, qui ignore alors qu’il se trouve plongé dans l’un des moments de délire confus du protagoniste, ce dernier tellement désemparé, tellement vulnérable.

 

À l’intérieur des murs bien fades et bien stériles du foyer, Emilio est assailli par des visions de son passé ; souvenirs heureux ou tristes faisant écho à un présent incertain. À cet égard, le montage s’avère particulièrement inspiré, louvoyant avec fluidité entre l’ici et l’ailleurs, entre l’hier et l’à présent.

 

Empreint d’une mélancolie contrebalancée par une force de vie inspirante, La tête en l’air distille une chaleur rare, mais douce.

  


 

À voir en vidéo