3,7 millions pour moderniser la Cinémathèque québécoise

Le bâtiment de la Cinémathèque québécoise
Photo: François Pesant Le Devoir Le bâtiment de la Cinémathèque québécoise

Le ministre de la Culture et des Communications, Maka Kotto, a procédé vendredi à l’annonce d’une subvention de 3 705 500 dollars dévolue à la modernisation des infrastructures et équipements de la Cinémathèque québécoise, qui fête cette année ses 50 ans. À terme, on vise une plus grande accessibilité des contenus culturels. D’entrée de jeu, Daniel Breton, le député de Sainte-Marie -Saint-Jacques, qui englobe le Quartier latin, a formulé le souhait que la population s’approprie la Cinémathèque de la même manière qu’elle l’a fait avec la Grande Bibliothèque érigée non loin de là.

 

Pour l’essentiel, ces sommes serviront à financer des travaux d’aménagement et de mise à niveau technologique, et ce, dans le dessein non seulement d’atteindre les nouveaux standards en matière de conservation du patrimoine cinématographique, mais aussi de faciliter sa diffusion à l’ère du tout numérique. « Les méthodes de conservation changent, et nous sommes soumis au progrès comme toutes les autres organisations », a rappelé à cet égard Charles David, le président du conseil d’administration de la Cinémathèque.

 

La directrice de l’établissement, Iolande Cadrin-Rossignol, s’est de son côté réjouie de la nouvelle, tout en y allant de certaines précisions. « Il faut revoir le cycle de l’audiovisuel, a-t-elle fait valoir. Le gouvernement du Québec y investit annuellement 1 milliard de dollars répartis dans le développement, la production et la diffusion. C’est bien évident qu’à l’autre bout de la chaîne, on a le choix entre avoir une gigantesque poubelle, ou alors conserver. »

 

Révision du cadre financier

 

Outre le montant de 3 705 500 $, une aide additionnelle de 100 000 $ a été consentie par le ministère de la Culture et des Communications, qui entend ainsi continuer de soutenir l’organisme dans l’élaboration de son nouveau cadre financier. Rappelons que la Cinémathèque québécoise vit une crise financière importante. Afin de trouver des solutions durables, un comité de travail formé de représentants du ministère et de la Cinémathèque a d’ailleurs été mis sur pied. Tout est sur la table, comme l’a indiqué Charles David, de la question des revenus en passant par celles de la gestion et de la gouvernance.

 

Comme l’expliquait Iolande Cadrin-Rossignol dans Le Devoir du 10 avril 2013 : « [La Cinémathèque] aurait besoin de 1,5 million de dollars par année, indexés au coût de la vie, pour demeurer à flot. » Aussi voit-elle d’un bon oeil cette modernisation, notamment des plateformes de diffusion d’une éventuelle « cinémathèque 2.0 ».

 

« Il faut corriger le cycle financier, soutient-elle. Et pas seulement pour conserver, mais parce que maintenant, avec l’explosion des écrans, qui sont désormais dans nos mains, il y a un besoin de contenu qui se fait sentir. » Iolande Cadrin-Rossignol voit là une opportunité, discernant le potentiel de nouvelles sources de revenus pour la Cinémathèque.

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