Un début de festival sur tous les tons

Bon ! L’équipe derrière le film d’ouverture du TIFF The Fifth Estate de Bill Condon, oeuvre pas très bien reçue faute d’originalité, rencontrait les journalistes vendredi, lendemain de veille. Cette bio filmée de Julian Assange, âme de WikiLeaks, est par ailleurs peu flatteuse. Plutôt dépeint en caractériel, l’ange exterminateur.

 

Son (bon) interprète Benedict Cumberbatch admettait lui-même douter que son modèle puisse approuver le film, «même si plusieurs aspects de ses réalisations sont célébrés». Mais qui peut prédire le sort d’Assange, réfugié d’une ambassade, désormais hors du monde, film ou pas ? Personne.

 

Mémoires de massacre

 

Ici, on court plutôt vers cette oeuvre primée à Un certain regard à Cannes, éblouissante : The Missing Picture du Cambodgien Rithy Panh. Lui qui vécut sa jeunesse dans les camps des Khmers rouges et vit mourir les membres de sa famille de faim, de misère et parfois de dignité (son père refusa de s’alimenter plus longtemps) s’est fait, au fil de ses documentaires surtout, le mémorialiste du massacre de son peuple.

 

Mais comment témoigner quand des images n’ont pas été tournées, ou furent détruites ?

 

Dans cette oeuvre autobiographique, il s’aide de documents d’archives et, en leur absence, de figurines. Celles-ci confèrent au poignant récit de sa jeunesse - il devait jeter des cadavres dans des fosses - une poésie inouïe. Ces santons d’argile disent l’indicible : la mère qui enlève des poux sur le visage de sa fille morte, avant de s’étendre aussi pour partir. Du grand art !

 

Vue aux antipodes question ton, une de ces comédies anglo-saxonnes qui espèrent connaître les mêmes triomphes que A Fish Called Wanda et Quatre mariages et un enterrement. Mais faute de sel, de poivre aussi, hum !

 

The Love Punch de Joel Hopkins est coproduit par la France et le Royaume-Uni. Au menu : un couple de divorcés anglais, toujours complices (Pierce Brosnan et Emma Thompson), catapultés sur la Côte d’Azur parce qu’un financier français véreux a mis leur compagnie sur la paille et qu’ils veulent dérober à sa fiancée un diamant inestimable. Ça ne s’invente pas.

 

Bon, c’est rempli de clichés sur les Français, les uns sans scrupules, les autres (la fiancée jouée par Louise Bourgoin) arborant le poing révolutionnaire avec dessous Dior. Action à la James Bond (clin d’oeil pour Brosnan ! Ouille !), romance, péripéties rocambolesques, gags parfois drôles, mais ils en font trop. On reverra A Fish Called Wanda.

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