Pilote automatique

Plus d’effet de surprise avec Planes, conçu sur une trame semblable à celle des films Cars 1 et 2.
Photo: Disney Plus d’effet de surprise avec Planes, conçu sur une trame semblable à celle des films Cars 1 et 2.

Impossible d’évoquer Planes sans faire un retour surl’animation Cars enfanté par l’équipe Pixar (désormais sous l’aile de Disney) et réalisé alors par John Lasseter. Cars, une animation délicieuse avec des bagnoles à tronches, à bagout et à personnalité, sous les spectaculaires décors de l’Arizona, possédait une fraîcheur qui séduisit non seulement les jeunes enfants, mais bien des adultes de concert.

 

Le procédé s’était essoufflé en cours de route et Cars 2, déployé sur la planète entière, avec prétention nouvelle, avait désorienté les enfants et irrité leurs aînés.

 

Planes est un retour au climat et aux procédés du premier Cars (2006) - suffit de remplacer les autos par des avions : retour à la simplicité, donc, avec des éléments de Cars 2, côté course autour du monde. Mais l’effet de surprise n’est plus guère au menu, sauf pour les très jeunes enfants au regard neuf. L’équipe manque d’inspiration.

 

Dans la version française, la championne olympique Joannie Rochette prête sa voix à un avion féminin du Québec. Mais en anglais, Julia Louis-Dreyfus donne au rose personnage à carlingue un accent francophone supposément québécois, qu’on n’a jamais entendu dans nos parages. « The French Canadian is the langage of love », susurre un avion amoureux. On veut bien les croire.

 

En gros, l’histoire est celle d’un mini-avion de village, Dusty, qui rêve à des compétitions de haut niveau sans avoir le gabarit requis. Pour mal faire, il a peur des hauteurs. Mais, aidé par un avion militaire, il rejoindra une équipe en or ; et à travers épreuves, intrigues, accidents, trahisons, romances et tout ce qu’on voudra, il dépassera ses limites.

 

Le scénario et sa morale n’ont rien de neuf, les mimiques anthropomorphiques de ces véhicules, déjà éprouvées dans Cars, non plus.

 

C’est tendre, sentimental, ça virevolte sous les nuages et en pleines tempêtes. Les paysages, entre New York, Hong Kong et le Taj Mahal vu des airs, sont bien faits. Les dessins demeurent soignés, les voix sont réussies, surtout celle de Dane Cook en Dusty. et le 3D est justifié.

 

Mais de nouveaux scénarios s’imposent et ces personnages constituent de vrais clichés. Tout cela est tellement déjà-vu. Il suffit sans doute d’avoir quatre ans pour s’en enchanter. Aux tout-petits, le film paraîtra charmant ; aux autres, redondant à outrance. Les recettes éprouvées lassent à la fin.