Ode aux calories vides

Les déboires commencent par un acte de sabotage du personnage de Paul Doucet qui se croit, à tort, largué par ses partenaires.
Photo: Séville Les déboires commencent par un acte de sabotage du personnage de Paul Doucet qui se croit, à tort, largué par ses partenaires.

La pauvreté se décline de bien des manières : matérielle, morale, culturelle et, bien sûr, cinématographique. Marc-André Lavoie adopte cette posture d’un film à l’autre (Bluff, Y’en aura pas de facile), suite de pieds de nez aux institutions par leur seule présence sur les écrans, prouvant ainsi la détermination de son auteur.

 

À l’opposé, il est possible de manquer d’argent et de ne pas être pauvre pour autant. Ce n’est pas ce que démontre le cinéaste dans Hot Dog, une comédie dont le titre évoque une expérience culinaire minimaliste, aux limites du comestible. Pour le reste, il s’agit d’une production sans opulence, si ce n’est la somme des péripéties rocambolesques qui affligent les personnages. Leurs déboires débutent par une histoire de dent délibérément déposée dans la chaîne de production d’une usine à saucisses, acte de sabotage d’un associé de la compagnie (Paul Doucet) se croyant, à tort, largué par ses partenaires.

 

Il s’agit d’un imbroglio destiné à démarrer une mécanique forçant la rencontre de personnages disparates, allant du petit couple banlieusard (Pierre-François Legendre et Edith Cochrane, comme sortis d’une réclame de magasin de meubles) à une bande de mafiosi (dominée par Dino Tavarone, qui a déjà joué cent fois dans ce film-là) en passant par des « self-made men » s’improvisant maître chanteur (Éric Salvail, un affront à beaucoup d’acteurs au chômage) ou magouilleur (Daniel Lemire, aussi absent que dans le triste Bye Bye qu’il a signé jadis). Cette agitation pourrait susciter le rire, mais comment peut-il jaillir sans tous les ingrédients qui manquent parfois cruellement à ce Hot Dog ?

 

La liste est longue, à commencer par la mise en scène aux accents téléromanesques, largement soumise à la dictature des dialogues, eux-mêmes souffrant de pauvreté, parsemés çà et là de grossièretés qui n’ajoutent aucun piquant à l’affaire. On pourrait se rabattre sur les rares scènes de bagarre pour sortir de notre torpeur, mais elles sont coincées entre de longues séances de bavardage qui plombent le rythme de cette comédie au souffle court. Au rayon des calories vides, cette comédie mérite quand même bien son titre.

 

 


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