Cinéma - De rire et de testotérone

Robert « Bobby » Trench est un gangster de carrière qui connaît à peu près tout le monde dans le milieu. La cinquantaine, il possède un chapeau et des bagues pour chaque occasion. En affaires, il est réfléchi et posé. Michael « Stig » Stigman est un autre genre de truand. La trentaine impulsive et la langue bien pendue, il est tout le contraire de l’autre. Or ni Bobby ni Stig ne sont vraiment qui ils prétendent être. Opposés en tout, ils sont faits pour s’entendre.

Très tôt, le spectateur apprend que Bobby est en réalité un agent infiltré de la Drug 
Enforcement Administration (DEA) et que Stig est un officier du service d’intelligence de la marine. Les personnages, eux, l’ignoreront un moment.

Quitte ou double (version française de 2 Guns) repose sur la formule éprouvée du tandem dépareillé. Le film est un héritier direct des comédies policières 48hres et L’arme fatale, dont il reprend le modèle action-humour avec un bonheur quasi comparable.

Accessoire, l’intrigue tourne autour de la traque d’un narcotrafiquant mexicain sur fond de trahisons bureaucratiques dont les deux larrons feront les frais. Dans les faits, le scénario s’attarde surtout à mettre la table pour des passages loufoques de conflits de personnalités propices à la multiplication de réparties désopilantes. À ce chapitre, le film livre la marchandise et les deux vedettes, Denzel Washington (Malcolm X, Jour de formation) et Mark Wahlberg (Le coup de grâce, Ted), sont manifestement trop heureuses de s’envoyer paître à qui mieux mieux. Elles sont secondées par une galerie d’acteurs de composition chevronnés, dont Edward James Olmos (Blade Runner) et Bill Paxton (Vrais mensonges).

Prévisible mais rondement mené par le réalisateur islandais Baltasar Kormakur (101 Reykjavik, Contrebande), généreux en scènes d’action bien troussées, le film est calibré pour plaire à un public cible qui se reconnaîtra d’office. Si vous en êtes, achetez votre billet sans crainte.

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