La Boîte noire négocie avec ses créanciers

Le club vidéo la Boîte noire, un fleuron de la diffusion du cinéma d’auteur à Montréal.
Photo: François Pesant Le Devoir Le club vidéo la Boîte noire, un fleuron de la diffusion du cinéma d’auteur à Montréal.
Fleuron de la diffusion du cinéma d’auteur à Montréal, le club vidéo la Boîte Noire s’est placé sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers et a entamé avec ceux-ci un processus de négociation par le biais d’une proposition concordataire. Cette nouvelle survient quelques jours à peine après l’annonce de la fermeture du Vidéo Beaubien.

Sur le plan légal, la proposition concordataire constitue une mesure prévue à la Loi sur la faillite et l’insolvabilité (LFI) en vertu de laquelle une personne ou une société insolvable fait une offre à ses créanciers afin de réduire le montant total d’une dette ou de reporter l’échéance de 
son remboursement.

Désormais sise sur l’avenue du Mont-Royal non loin de la rue Saint-Denis, l’entreprise spécialisée dans le cinéma de répertoire a contribué à l’épanouissement de la cinéphilie montréalaise depuis son ouverture en 1986 sur la rue Rivard.

« Les affaires sont bonnes, explique le président fondateur de la Boîte Noire François Poitras. Nous avons plus de 20 000 clients inscrits et actifs, en plus de tous ceux qui viennent acheter sans être inscrits. Le problème, c’est que l’entreprise traîne une lourde dette liée à la mésaventure de la défunte succursale du Vieux-Montréal, sur McGill. Ça nous a coûté une fortune. On s’est retrouvés coincés dans une rue en construction pendant trois ans dans un secteur qui s’est avéré peu fréquenté la fin de semaine… Il a été impossible de briser le bail avant terme et on a donc continué de payer après la fermeture. Puis il y a eu les travaux majeurs effectués dans le local de la succursale de l’avenue du Mont-Royal lors du déménagement… Tout ça s’est additionné et a engendré un problème de liquidités, un problème qu’on traîne toujours comme un boulet. » L’an dernier, François Poitras a choisi de ne pas renouveler le bail de la succursale de l’avenue Laurier dans le quartier Outremont.

Épée de Damoclès

« On a fait une proposition concordataire aux créanciers ; c’est une première étape dans le processus de négociations, et ça s’annonce très bien. Je suis confiant. La Boîte Noire n’est pas en faillite, tient à préciser François Poitras. Mais cette dette est comme une épée de Damoclès qui rend difficile toute initiative de développement. Pourtant, dans les faits, le commerce de Mont-Royal se porte bien. » La vente d’abonnements, une source importante de revenus pour la Boîte Noire, continue en effet de fonctionner selon François Poitras, et ce, en dépit d’une conjoncture peu favorable pour les clubs vidéo.

En assainissant le passif financier de son entreprise, François Poitras souhaite poursuivre la mission cinéphile de celle-ci. « J’ai bon espoir que la Boîte Noire puisse entrer dans une nouvelle ère. On a encore quelques idées dans nos cartons pour le futur. »
5 commentaires
  • Louka Paradis - Inscrit 24 juillet 2013 15 h 36

    Site peu alléchant

    En parcourant le site de la Boîte Noire, j'ai trouvé, sous la rubrique répertoire, la sélection affichée plutôt rebutante : des films à 90 % en anglais, beaucoup de violence : très peu pour moi. Ces films n'offrent rien qui se démarque, rien qui nous ressemble vraiment, ni rien de particulièrement nourrissant du point de vue socio-culturel, affectif, intellectuel ou spirituel. Pas étonnant que la Boîte se fasse mettre en boîte. Ce n'est pas exactement ce que j'appelle des classiques... Il faut renouer avec nos racines, et de là, explorer large et viser la haute qualité. Sinon, adios amigos...

    Louka Paradis, Gatineau

    • Céline A. Massicotte - Inscrite 25 juillet 2013 08 h 23

      Commentaires questionnants...

      Madame Paradis, entre autre savez vous qu'il y a un sou-sol? Qu'on y trouve aussi de noumbreuses télé-séries Québécoises qu'on ne pourrait revisionner sans la Boîte noire, et j'en passe?

      Pour ma part je connais la boîte noire depuis des lustres, je la fréquente, j'en suis membre et j'ai tujours été satifaite de leur service et de ce qui nous est offert: quand on cherche on trouve, sinon on est bien informé.

    • Jean-Marie Francoeur - Inscrit 25 juillet 2013 12 h 56

      un site n'est pas un magasin. Depuis les tout début de la Boîte Noire coin Rivard, j'ai apprécié la grande variété de films. Mes préférences vont aux grands classiques et aux films d'autres pays. Il y en a des milliers. Le site n'est là que pour une clientèle bien précise. J'espère qu'elle sera là encore longtemps. C'est une source documentaire de première importance.

  • Michel Brunette - Inscrit 24 juillet 2013 17 h 28

    Commentaire peu alléchant

    Je ne comprends pas la réaction de madame Paradis. Vivant à Montréal j'utilise à chaque semaine les services de la Boîte noire. J'y emprunte à chaque fois trois documents. Certes il ya des films peu profonds et fréquemment violents qui représentent bien une certaine production. Un club vidéo se doit de les offrir et de ne pas tomber dans un élitiste agaçant Toutefois on y retrouve, outre les classiques, les fims produits récemment dès qu'ils sont disponibles sur le marché de l'achat ou de la location. À mon avis a disparition de la Boîte noire serait une perte à la fois dans le domaine du divertissement et dans celui de la culture! Je souhaite que l'organisme sache tirer son épingle du jeu pour le plus grand bonheur des cinéphiles.

    Michel Brunette, historien des arts visuels.

    • François St-Pierre - Abonné 24 juillet 2013 18 h 27

      Les propos de Mme Paradis reflètent, comme elle l'indique, une consultation du site Web de la Boîte noire. Bien sûr, il suffit d'être entré une fois dans le local du club pour constater que le site Web n'est que la pointe de l'iceberg. C'est comme juger un restaurant à son site Web...