Courtepointe (narrative) à l’américaine

Après avoir été assassiné par son partenaire fourbe, un jeune policier de Boston est recruté dans l’au-delà afin d’accomplir un travail similaire. À la différence qu’il n’attrapera désormais plus des criminels, mais des morts qui se cachent sous des apparences de vivants. Son rôle est désormais d’épauler un vieux routier malcommode dont le trépas remonte au Far West. Après les chicanes d’usage, les deux agents mettent au jour une terrible machination. L’enjeu? L’avenir de l’humanité, pardi!
 

Sur papier, les auteurs de R.I.P.D. semblent se borner à amalgamer les principaux éléments des succès passés Ghostbusters, où l’on chasse du fantôme et de l’entité, et Men in Black, dans lequel une recrue et son partenaire plus âgé et grognon appréhendent des extraterrestres. À l’écran, cependant, on constate, non sans surprise, que les scribes responsables du scénario à numéros de ce triste ersatz ont omis pendant leur pillage narratif de suivre jusqu’au bout l’exemple de leurs modèles en incluant suffisamment d’action pour que le spectateur ne voie pas les points de suture qui lient les différents greffons. Entre le prologue et la confrontation finale, c’est tout juste si une poursuite vient secouer le public de sa torpeur. Pour compenser, on recourt à un montage rageur qui rebute plus qu’il ne dynamise.

 

Malgré ses monstres créés à partir d’effets spéciaux de deuxième ordre, le film fait sourire parfois et rire à l’occasion. C’est Mary-Louise Parker (Boys on the Side, Angels in America, Weeds), la supérieure de ses messieurs, et Jeff Bridges (The Big Lebowski, Crazy Heart, True Grit), le cowboy ronchon, qui sont les seuls responsables de ces bons moments. Quoique ces deux-là auraient du mal à être mauvais même en se forçant. Pour s’en convaincre, on invite le cinéphile à revoir n’importe lequel de leurs films respectifs plutôt que celui-ci.

 

 

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