Kathleen Turner sera honorée au FFM

L’actrice Kathleen Turner sera de passage à Montréal en août.
Photo: Eric Risberg Associated Press L’actrice Kathleen Turner sera de passage à Montréal en août.

Le Festival des films du monde a annoncé qu’il honorera l’actrice américaine Kathleen Turner lors de sa prochaine édition, qui se déroulera à Montréal du 22 août au 2 septembre. Kathleen Turner sera de passage à Montréal pour recevoir le Grand Prix spécial des Amériques des mains de Serge Losique, président-directeur du FFM.

 

Née à Springfield dans le Missouri en juin 1954, Kathleen Turner passe son enfance en Chine, son père travaillant pour le ministère américain des Affaires étrangères à Pékin. Après avoir terminé ses études secondaires à Londres en 1972, elle rentre aux États-Unis et fait un baccalauréat en beaux-arts à l’Université du Missouri. Éprise de théâtre très jeune, au grand dam de son père, elle joue dans de nombreuses pièces au cours de ses études et décroche un rôle dans le feuilleton télévisé The Doctors dès son arrivée à New York, en 1977.

 

En 1981, Lawrence Kasdan la remarque et l’impose à Warner Bros. pour son film noir Body Heat. La dimension sulfureuse de la proposition n’éclipse en rien le tempérament d’actrice qu’impose d’emblée Kathleen Turner face à son partenaire William Hurt (le cinéaste et ses deux vedettes referont équipe sur The Accidental Tourist en 1988). À Hollywood, on ne parle que d’elle. Tout de suite après, elle parodie l’image de femme fatale qu’on tente de lui accoler dans la comédie The Man with Two Brains, où elle joue l’épouse perfide de Steve Martin. Au cours de la première moitié des années 1980, elle se révèle une valeur sûre au box-office avec des succès comme Romancing the Stone de Robert Zemeckis, Peggy Sue Got Married de Francis Ford Coppola et Prizzi’s Honor de John Huston. Dans ces films, elle donne la réplique à Michael Douglas, Nicolas Cage et Jack Nicholson, respectivement.

 

Vers la fin de la décennie, elle prête sa voix à la plantureuse Jessica Rabbit dans le film Who Framed Roger Rabbit ? qui allie animation et prises réelles. En 1989, elle refait équipe avec ses partenaires de Romancing the Stone, Michael Douglas et Danny DeVito, pour TheWar of the Roses, une comédie très noire relatant la désintégration du mariage d’un couple de parvenus qui se dispute son opulente demeure. Par la suite, plusieurs des choix de Kathleen Turner s’avèrent malheureux. En parallèle, un diagnostic de polyarthrite rhumatoïde la condamne à un fauteuil roulant. Outre le fait qu’elle entraîne une prise de poids, cette maladie inflige une douleur constante souvent insoutenable. Kathleen Turner n’en tourne pas moins dans une autre comédie noire, Serial Mom, où elle joue une parfaite fée du logis qui est en réalité une dangereuse psychopathe. Un triomphe personnel, le film de John Waters devient culte.

 

Après avoir subi trois opérations, Kathleen Turner se consacre à la scène, son premier amour. À Londres, elle se dénude sur scène en Mrs. Robinson dans la version scénique du film The Graduate, en 2000. En 2005, Broadway acclame son interprétation écorchée dans la reprise de Who’s Afraid of Virginia Woolf ? Lors de rares retours devant la caméra, comme dans Virgin Suicides, le premier long métrage de Sofia Coppola, on constate que son talent n’a en rien été altéré par la maladie.

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