La planète des zombies

Brad Pitt tire son épingle du jeu, mais ne sauve pas le portrait d’ensemble de World War Z.
Photo: Paramount Pictures Brad Pitt tire son épingle du jeu, mais ne sauve pas le portrait d’ensemble de World War Z.

Dans la veine des films post-apocalyptiques avec zombies qui transforment d’un coup de dents les humains en monstres sanguinaires, disons que World War Z de Mark Forster ne passera pas à l’histoire comme le mieux ficelé et le plus épeurant. Avec les 200 millions de son budget, il s’offre un vrai tour du monde, car toute la planète est menacée. De l’Amérique à l’Asie, en passant par l’Europe et le Moyen-Orient. Mais ceux qui raffolent des histoires de zombies trouveront ces monstres trop à l’arrière-plan, et leurs activités de cannibales peu exhibées. Manque de sang et de terreur, déploreront les amateurs de sensations fortes. Il s’agit d’un film d’action avant tout, pas très bien raconté, avec Brad Pitt à sa proue. Cette adaptation très libre du roman de Max Brooks est appelée à décevoir les admirateurs du livre, même si Brad Pitt se démène et tire son épingle du jeu, sans sauver le portrait d’ensemble. George A. Romero avait fait des films de zombies avec un budget de famine, sans têtes d’affiche mais qui glaçaient les sangs. Ici, tout défile trop vite.


La cohue s’installe et des villes disparaissent de la carte. Voici Pitt en Gerry Lane, agent de l’ONU en rupture de ban, avec femme et enfants, que la catastrophe remet sur les rails. Sommé de partir en Corée dépister le patient X, premier zombie homologué, l’avion est détourné en Israël. Autos, camions, avions, hélicoptères, plateforme pétrolière transformée en refuge, tous les moyens de locomotion ou de flottaison possibles avec explosions et accidents sont au menu, à travers des cascades souvent spectaculaires. À souligner : les magnifiques scènes de foule enjambant le mur des Lamentations ; beauté sans vraie horreur toutefois, évoquant plutôt des hordes de fourmis en débandade.


Une grande partie du film, qui gagne au huis clos, est confinée dans un laboratoire, avec zombies à l’attaque et héros en quête de poisons transformés en remèdes, pharmakons salvateurs.


Marc Forster (Quantum of Solace, Monster’s Ball) parvient à rendre une atmosphère, dans ses scènes bien orchestrées à Jérusalem ou ailleurs, mais les histoires humaines qui gravitent autour des décors en mode destruction semblent artificielles, privées de substance. Tout roule si vite qu’il devient impossible de s’identifier à qui que ce soit, même à Brad Pitt, héros sans émotions palpables, placé là pour faire rebondir l’action au quart de tour. Et les zombies font plutôt rire. Bref, il n’est pas dit que cette mégaproduction estivale remportera son pari de remplir les salles du monde, même en s’offrant l’échelle planétaire.


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