Sang bon sang

Scène du film Blood Pressure
Photo: Cinéma du Parc Scène du film Blood Pressure

Pharmacienne, mère et épouse sans histoire, Nicole, 41 ans, se languit de cela : une histoire. Aussi lorsqu’elle reçoit une lettre anonyme au ton compatissant, non seulement sa curiosité est piquée, mais son estime d’elle-même remonte d’un cran. Quelqu’un, quelque part, l’a remarquée. Encourageantes et non empoisonnées, les missives sont en outre dénuées du moindre sous-entendu sexuel. Par besoin, par nécessité, Nicole a confiance. Puis, les événements prennent une tournure étrange. Vous croyez avoir deviné la suite ? Devinez encore.

Blood Pressure est le second film que le cinéaste winnipegois Sean Garrity a réalisé en 2012 après le savoureux My Awkward Sexual Adventures. Force est de constater la versatilité de l’auteur, qui passe avec aisance d’une comédie coquine et irrévérencieuse à un thriller psychologique aux arcanes troubles. Car l’admirateur secret de Nicole, on s’en doute, a un plan.


Un peu comme son héroïne qui s’éveille graduellement de sa léthargie existentielle, l’intrigue gagne en intérêt au fur et à mesure qu’elle progresse. Bien plus qu’ils se soucient de chocs et d’effets, les scénaristes se concentrent sur leur protagoniste, cette femme dont on ne sait trop si la chrysalide qu’elle se tisse la changera en papillon ou l’étouffera. Dans le rôle principal, Michelle Giroux réussit d’ailleurs l’exploit discret de concilier les deux caractéristiques contradictoires du personnage : l’incertitude et la détermination.


Qui dit cinéma indépendant dit budget modeste. L’ennemi du tâcheron dépourvu d’imagination, le manque de ressources, peut en revanche se révéler l’ami du cinéaste inventif. Sean Garrity prouve ici qu’il appartient à la deuxième catégorie. Un de ces nombreux films qui sortent sans tambour ni trompette, Blood Pressure est ce qu’il convient d’appeler une bonne surprise.
 

À voir en vidéo