Trois fois passera

Le 4 mai dernier, dans ces pages, on écrivait ceci : « À Hollywood, l’évolution d’une série de films à succès tient généralement à trois mots : plus, toujours plus. Plus de quoi ? Plus de gags s’il s’agit de comédie, plus de trucages répugnants si l’on parle d’horreur, plus d’explosions s’il est question d’action. Plus de quoi ? Plus d’argent dans le tiroir-caisse ! Malheureusement, avec cette formule toute-puissante, la somme d’originalité déployée est généralement inversement proportionnelle à la quantité de dollars amassés.» Ce qui nous amenait alors à Iron Man 3. Et à La vérité si je mens ! 3 cette semaine, un rappel dur, mais nécessaire, que la tyrannie des suites est l’apanage de l’industrie cinématographique au grand complet, et pas que d’Hollywood. Mea culpa.

Eddie, Serge, Yvan, Dov et Patrick sont donc de retour pour une troisième aventure qui consiste grosso modo en un décalque de la seconde. D’où le recyclage critique offert en introduction, histoire d’être dans le ton.


Pour mémoire, la saga débuta en 1997 par l’association de jeunes gens d’affaires débrouillards dans le quartier du Sentier, dans le 2e arrondissement de Paris. En 2001, la suite vit leur petite entreprise devenir grande et leurs soucis croître au même rythme. Dans La vérité si je mens ! 3, réalisé en 2011, nos joyeux lurons résident à présent à Aubervilliers et envisagent de se « mondialiser ». Entre contrôle fiscal et faillite qui guette, le quintette monte une ultime combine qui le conduira en Extrême-Orient (avec quelque retard sur les protagonistes de Hangover Part II).


Le 4 mai encore, on se permettait d’affirmer que, « hormis de rares exceptions, peu de longs-métrages flanqués d’un chiffre supérieur à 2 valent le déplacement ». Le spectacle ringard et paresseux proposé par La vérité si je mens ! 3 renforce ce constat.


Aux guichets, le premier volet de la série a attiré cinq millions de spectateurs et le deuxième, près de huit millions. Avec 4,5 millions d’entrées, le troisième opus représente donc un succès aigre-doux. N’empêche : ce sera sans doute suffisant pour que les producteurs se trouvent justifiés de remettre le couvert. S’ils pouvaient de nouveau attendre une décennie avant de procéder, on ne serait pas contre.
 

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